Mali

Sidi Kagnassy et 8 autres proches d’IBK cités dans un détournement de 9 milliards FCFA

ABIDJAN, 28 mars 2020 – 11H01 GMT [ALERTE INFO]- L’homme d’affaires malien, Sidi Kagnassy et huit autres anciens ministres du chef de l’Etat Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) sont soupçonnés par la justice malienne d’avoir détourné plus de 9 milliards de FCFA en 2014, lors des démarches pour l’achat de l’avion présidentiel.

Très connu dans le milieu économique africain, c’est en Côte d’Ivoire que Sidi Kagnassy débute sa carrière au début des années 2000, en prenant la tête de la compagnie cotonnière ivoirienne, détenue à 80% par son père et à 20% par le Français Vincent Bolloré, avant que cette dernière ne soit liquidée en 2007.

Réputé proche du président ivoirien Alassane Ouattara et Karim Kéita, le fils du président malien Ibrahim Boubacar Keita dont il a été le conseiller, avant de se reconverti dans les marchés publics.

En 2007, il devient le représentant de Sagem Sécurité, il convainc Laurent Gbagbo d’accorder à la société française le contrat de 160 milliards de F CFA d’enrôlement des électeurs.

Après la chute de Gbagbo, il se rapproche d’Alassane Ouattara et surtout de Guillaume Soro, et obtient plusieurs contrats dans le BTP.

Tout comme en Côte d’Ivoire, Sidi Kagnassy a fait la publicité de Sagem Sécurité (rebaptisé Morpho) à Bamako en 2013, pour rafler le marché des cartes d’électeur.

En 2014, le montant de 19 milliards de FCFA annoncé par les autorités maliennes pour l’achat d’un nouveau Boeing 737 destiné à la présidentielle malienne avait choqué plus d’un et avait suscité des vagues dans le pays.

Après six années « d’enquêtes menées par de la brigade économique », le procureur de la République malienne Mamoudou Kassogue a mis en cause vendredi, 9 anciens ministres, dont Sidi Kagnassy, contre lesquels « le parquet a ouvert une information judiciaire pour faux, malversations, complicité de favoritisme ».

Ces personnalités soupçonnées sont l’ex-Premier ministre Soumeylou Boubeye Maiga, l’ancien secrétaire général de la présidence et directeur général adjoint de la Banque Ouest africaine de développement (BOAD) Moustapha Ben Barka, l’ancien ministre de la Communication, Mahamadou Camara, les ministres Sidi Kagnassy, Amadou Kuma, Soumaila Diaby, Nouhoum Kouma, Marc Gaffajoli et la ministre Bouaré Sissoko.

« Les manquements relevés par le Bureau du vérificateur général (BVG) portent sur un détournement de 9,35 milliards de FCFA et une surfacturation de 29,3 milliards de FCFA », a soutenu le procureur Kassogue, ajoutant avoir engagé « la saisine de l’Assemblée nationale ».

Toutefois, « les personnes citées (dans cette affaire) sont présumées innocentes », a précisé Mamoudou Kassogue.

Ange TIEMOKO

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