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UEFA Champions League : Ronaldo en phase finale, c’est « TERMINATOR »

Cristiano Ronaldo débarque avec sa Juventus au Groupama Stadium pour défier l’OL

Photo : DR

LIGUE DES CHAMPIONS – Meilleur buteur de l’histoire de la compétition avec 128 buts, Cristiano Ronaldo débarque avec sa Juventus au Groupama Stadium pour défier l’OL (21h00), mercredi soir en 8e de finale aller, avec la pancarte de terreur de la phase à élimination directe. Plus prolifique lors du second tour, le Portugais a fait de la compétition étoilée et ses moments importants, sa chose.

Attention, danger pour l’Olympique Lyonnais. Opposé en 8e de finale à une Juventus en quête de sa meilleure forme et en pleine transition Massimiliano Allegri-Maurizio Sarri, ce qui est sur le papier une bonne chose, le club rhodanien va également devoir affronter un animal particulièrement dangereux de février à juin : le Cristiano Ronaldo. Devoir se coltiner le Portugais sur la période février-mars, c’est pas spécialement une bonne nouvelle. La saison dernière à la même époque, le prodige de Funchal avait broyé l’Atlético de Diego Simeone avec un triplé, dont lui seul a le secret, lors d’un 8e retour à sens unique à Turin.

Pas besoin de dépeindre tout le CV de la bête. Enfin si, il faut le faire : Ronaldo c’est cinq Ballons d’Or (2008, 2013 2014, 2016 et 2017), cinq sacres dans la compétition (avec Manchester United en 2008, puis avec le Real Madrid en 2014, 2016, 2017 et 2018) et surtout 128 buts répartis en 14 saisons (sur les 17 où il a joué la C1) et trois clubs (MU, le Real et la Juventus). Tout seul sur sa planète, Ronaldo vit pour tout pour gagner, c’est bien connu.

Mais s’il devait choisir une compétition, une seule, ce serait la coupe aux grandes oreilles. Elle le fait se lever chaque matin. Le carburant de Ronaldo, cette implacable machine sortie tout droit d’une usine de Skynet, ce sont les buts. CR7 marque partout, tout le temps, on connaît la rengaine, mais en Ligue des champions il a particularité de marquer quand ça compte : des 8es à la finale. On mettra quand même fin à la légende : non, il ne marque pas à chaque rencontre. Mais il a appris à choisir ses moments et laisser sa trace.

Raul et Messi seuls survivants
La statistique paraît dingue mais Ronaldo a marqué 65 buts en prenant uniquement en compte la phase finale de la compétition. Soixante-cinq, c’est plus que les 64 buts de Karim Benzema, les 63 de Robert Lewandowski et les 56 de Ruud van Nistelrooy. Seuls Lionel Messi (114 buts), et Raul Gonzalez Blanco (71 buts), 2e et 3e du classement, échappent au carnassier lusitanien. Marquer plus en phase finale, qu’au premier tour de la Ligue des champions, Ronaldo n’est logiquement pas le seul athlète à avoir fait ça.

Mais si on prend en compte le top 20 du classement des buteurs de la compétition, et bien le chiffre prend une proportion assez démesurée. En fouillant dans ce top 20, on constate que seul Thomas Müller affiche un ratio proche de celui du Portugais. Avec une différence de -2, l’attaquant du Bayern s’approche, mais il concède 84 buts au Portugais. Ce sont deux mondes différents.

Le classement des buteurs de la C1 avec le meilleur ratio buts marqués en phase finale / groupes (Top 20 meilleurs buteurs de l’histoire)

Joueurs Buts (phase finale) Buts (1er tour) Différence
1. Cristiano Ronaldo 65 63 +2 buts
2. Thomas Müller 21 23 – 2 buts
3. Andriy Shevchenko 18 30 -12
4. Filippo Inzaghi 16 30 -14
5. Fernando Morientes 9 24 -15
6. Didier Drogba 14 30 -16
7. Sergio Agüero 9 30 -21
8. Lionel Messi 46 68 -22
9. Edinson Cavani 6 29 -23
10. Robert Lewandowski 20 44 -24
11. Thierry Henry 12 38 -26
12. Zlatan Ibrahimovic 10 38 -28
13. Karim Benzema 17 47 -30
14. Alessandro Del Piero 9 33 -33
15. Raúl González Blanco 18 53 -35
16. Ruud van Nistelrooy 6 50 -44

Reconverti attaquant sur le tard, Ronaldo a paradoxalement appris à devenir un chasseur de buts assez tôt. La saison du déclic a été 2006/2007, un exercice d’ailleurs totalement charnière pour lui. Deux épisodes sont venus le marquer : il y a dépassé pour la première fois le cap des dix buts en championnat (17) et surtout… il a marqué ses tous premiers buts en Ligue des champions. Pour ceux qui ont une mauvaise mémoire : il a marqué ses deux premières réalisations en C1 à Old Trafford lors d’un quart de finale retour complètement fou face à l’AS Roma, pulvérisée 7-1 par un grand Manchester et un Ronaldo stratosphérique.

Cette nuit magique a servi d’électrochoc pour le Portugais. Encore pancarté bouffeur de couloir à cette époque, et à l’époque pointé du doigt pour son incapacité à marquer en C1, CR7 a basculé ce soir-là, peut-être sans le savoir. De ce moment où il a touché les nuages, il dira d’ailleurs : « Quand on menait 6-0, les joueurs de la Roma m’ont dit d’arrêter, un d’entre eux m’a supplié d’arrêter de dribbler. D’autres m’ont menacé de me faire mal. Je n’échangerai jamais mon maillot avec un joueur de la Roma« . Il n’y aura pas de suite, car l’AC Milan de Kaka mettra fin à l’aventure des Red Devils à San Siro en demie retour.

Pour devenir le meilleur buteur de l’histoire de la Ligue des champions, Ronaldo y est allé par étapes. Après s’être décoincé, il a progressivement changé de poste. De pur ailier à ses débuts avec le Sporting, puis Manchester, joueur de couloir plus posé ensuite, le capitaine de la sélection du Portugal a ensuite effectué un grand saut progressif au poste d’attaquant. Ce repositionnement, qui reste à ce jour l’événement le plus important de sa carrière, s’est effectué en trois temps et deux clubs.

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Cristiano Ronaldo, avec Manchester United, marquant de la tête contre Chelsea en Finale de C1 2007-2008

La machine à marquer Ronaldo est née lors d’un simple Manchester United-Reading, le 23 septembre 2006. Il faudra curieusement plus longtemps avant de voir Sir Alex Ferguson franchir le pas en Ligue des champions. Ce sera chose faite un an et demi plus tard face au FC Barcelone et surtout Arsenal en demi-finales des éditions 2008 et 2009. Face aux Gunners au printemps 2009, le pari d’aligner une ligne d’attaque Rooney-Cristiano-Park à l’Emirates est d’ailleurs gagnante pour Fergie : CR7 laisse sa carte de visite avec un doublé et valide presque à lui tout seul le billet pour la finale à Rome. Entre 2006 et 2009, « Cristiano » a posé les fondations du monstre que l’on verra à Madrid. Et il empochera sa première C1 à Moscou où il marquera en finale (avant de rater son tir au but).

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A Madrid, tout a changé
Ronaldo machine à marquer en phase finale de la Ligue des champions, l’histoire n’est pas récente. Elle a débuté dès le départ, cette fameuse saison 2006/2007, et le Portugais, bourreau de travail devant l’éternel, l’a entretenu comme personne. Sur les 65 pions marqués, c’est son passage au Real Madrid, où il a marqué 43 buts en phase finale, qui a été le plus marquant sur tous les plans : histoire, titres et statistiques. Madrid, terre d’apogée sportive, d’absolutisme et de records peu communs. Ronaldo en détient deux : il frappera les esprits lors de l’exercice 2016/2017, le plus abouti de l’ère Zinedine Zidane, en marquant 10 de ses 12 buts en phase finale. Son total de 17 réalisations en 2016/2017 fait toujours de lui le meilleur buteur de l’histoire de la compétition sur une saison.

Le 3 avril 2018, Cristiano Ronaldo réalise une “chilena” à Turin contre la Juventus en demie-finale aller de C1 2017-2018

Peut-on vraiment expliquer le phénomène Ronaldo de manière rationnelle ? Pas vraiment, mais ses deux derniers entraîneurs en date à la Juventus, Maurizio Sarri et Massimilano Allegri ont compris pourquoi il alliait toujours efficacité et longévité à 35 ans fraîchement fêtés. « Cristiano est dans une forme physique et mentale extraordinaire et il marque à un rythme impressionnant« , a reconnu Sarri récemment. « C’est l’un des plus grands de tous les temps et ça n’est pas simple de l’améliorer encore. Mais les compliments, il faut les faire à sa maman, parce qu’il a des qualités naturelles extraordinaires. »

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