Asie

Coronavirus : la Chine désaprouve les « dispositions surréactives » prises dans certains pays

Plus de 37.000 personnes ont été touchées et plus de 800 autres décédées depuis la découverte en Chine de la pneumonie à Coronavirus

Photo : DR

Abidjan, 09 février 2020 – 16H30 GMT [ALERTE INFO] – Le directeur de la section politique de l’ambassade de Chine en Côte d’Ivoire, Zhou Yi, s’est prononcé sur l’épidémie de Coronavirus qui a fait plus de 800 morts à ce jour, marquant la désapprobation de son pays face aux « dispositions surréactives » de prévention prises par d’autres pays, dans une interview accordée à ALERTE INFO.

Plus de 37.000 personnes ont été touchées et plus de 800 autres décédées depuis la découverte en Chine de la pneumonie à Coronavirus, une épidémie plus meurtrière que le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) qui avait fait 774 morts entre 2002-2003. Qu’est-ce qui explique l’apparition de ces maladies dans votre pays ?
L’histoire de l’humanité est en quelque sorte une histoire de lutte contre des épidémies, et ces épidémies pourraient survenir dans n’importe quel pays du monde, quel que soit son niveau de développement. Par exemple, les Etats-Unis sont un pays développé mais pendant la saison d’hiver de 2019 à 2020, selon les chiffres du CDC (Centers for Disease Control and Prevention, en français Centre de contrôle et prévention des maladies) la grippe saisonnière a causé au moins 19 millions de contaminés et au moins 10.000 morts. Je crois qu’il n’est pas raisonnable et qu’il n’y a pas de logique d’attribuer un type de maladie à une nation, un pays donné.

Avez-vous pu déterminer la cause de l’épidémie de coronavirus ? Où en sont les recherches pour en venir à bout ?
Pour le moment nous n’avons pas encore détecté la source de cette épidémie. Des recherches scientifiques sont menées pour détecter la source et les équipes sont également engagées pour le développement de vaccins et de médicaments.
Certaines personnes disent qu’il y a peut-être un lien entre cette maladie et la consommation d’animaux sauvages. J’aimerais expliquer que depuis des années, la Chine accorde une importance à la protection des animaux sauvages. La loi sur la protection des animaux sauvages est entrée en vigueur en 1988 et a été amendée quatre fois. La plus récente modification de cette loi a été faite en 2018. On a aussi établi un catalogue d’animaux sauvages sous protection particulière. Depuis des années les chinois sont de plus en plus sensibles à la cause de la protection des animaux sauvages.

Un hôpital, tout équipé et raccordé à la 5G, a été construit en dix jours sur une surface de 34.000 m2 à Wuhan. Est-ce une façon de démontrer que la Chine est capable de gérer seule la situation ?
Un hôpital d’une capacité de 1.000 lits a été construit en 10 jours à Wuhan, épicentre de l’épidémie, dans la province chinoise de Wubei et un autre hôpital d’une capacité de 1.600 lits va bientôt être construit, les travaux prendront bientôt fin. Si on doit parler de force à démontrer, je crois que c’est une force sociale qui vise à freiner la propagation du virus, générée par la détermination du gouvernement chinois à protéger son peuple.

Plusieurs dessertes vers la Chine ont été suspendues face à l’ampleur de l’épidémie. Avez-vous le sentiment d’être isolés, abandonnés des autres pays ?
Mais non, pas du tout. Depuis l’éclatement de l’épidémie, le gouvernement et le peuple chinois ont déjà reçu du soutien, tant matériel que moral, de différents pays du monde. Des gouvernements et des entreprises pakistanais, japonais…la Corée du Sud, la France, l’Allemagne ainsi que d’autres ont déjà donné un coup de main en matière de matériels et de ressources humaines au peuple chinois. Il y a une soixantaine de chefs d’Etats et de gouvernements dont votre président Alassane Ouattara, Macky Sall du Sénégal, Paul Biya du Cameroun, Emmanuel Macron de la France, Sergio Mattarella de l’Italie et bien d’autres qui ont déjà adressé par télégramme, par courrier ou par téléphone au président Xi Jinping et au premier ministre Li Keqiang leur soutien aux efforts du gouvernement dans la lutte contre l’épidémie et présenté leurs condoléances au peuple chinois.

Ces restrictions ont probablement créé un manque à gagner, un impact sur l’économie…
Pour le moment je ne dispose pas de chiffres précis. Je ne suis pas économiste mais je peux vous dire que le gouvernement et le peuple chinois ont la confiance et les capacités de maintenir la tendance à une croissance régulière à long terme pour l’économie chinoise. Cette tendance reste inchangée et je crois que de façon générale, cette épidémie ne constitue qu’un incident qui pourrait causer des impacts limités sur le volume global de l’économie chinoise. L’économie chinoise reste résiliente.

La Guinée Equatoriale a annoncé 1,8 million d’Euros d’aide à la Chine pour au coronavirus. Comment avez-vous accueilli cette nouvelle, venant d’un petit pays d’Afrique ?
Nous sommes très touchés. Quelle que soit la forme des soutiens que nous recevons, le gouvernement et le peuple chinois en sont reconnaissants.

Dans un communiqué daté du 31 janvier, vous avez réagi suite à la déclaration de l’OMS disant que l’épidémie constitue une urgence sanitaire publique de portée internationale…
Cette déclaration de l’OMS ne constitue pas une méfiance vis-à-vis de la Chine mais vise à protéger des pays dont le système de santé est plus vulnérable que celui de la Chine. Nous comprenons et respectons que les pays concernés prennent des mesures sanitaires de contrôle et de prévention dans les aéroports tels que le remplissage de la déclaration de l’état de santé, la détection de la température, la mise en quarantaine des cas suspects. Mais nous nous opposons fermement aux dispositions sur-réactives telles que la suspension de délivrance de visas et l’interdiction systématique aux Chinois d’entrer aux frontières de certains pays.

MYA

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