Cinema

« Henriette, l’Ivoirienne », parcours d’une femme politique engagée

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – « Henriette, l’Ivoirienne », un film documentaire traçant le parcours de Henriette Dagri Diabaté, première femme africaine francophone docteur en histoire, une figure politique de conviction et engagée en Côte d’Ivoire, a été projeté jeudi à Abidjan, au Palais de la culture de Treichville (Sud).

« Je salue en vous la femme de conviction et de principe, la femme politique constante et fidèle dans ses engagements », a déclaré le vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Kablan Duncan, peu avant la projection du film dans la salle Lougah François, devant un parterre de personnalités.

Le film documentaire Henriette, l’Ivoirienne, d’une durée de 1h15 a été réalisé par Idriss Diabaté et Philippe Calderon. Sa vie est tracée au travers de roches après la découverte de sa stature par M. Calderon, à Paris, dans le journal Le Monde, alors qu’elle était en détention pour son militantisme politique.

Jeune femme intellectuelle à l’époque de l’indépendance, elle et plusieurs autres Ivoiriens, après des études en Europe, ont voulu donner un coup d’accélérateur à la démocratie. Elle et d’autres cadres, sortent du parti unique pour créer le Rassemblement des républicains (Rdr, le parti de Alassane Ouattara).

Mariée à feu Lamine Diabaté, un économiste-banquier, qui avait déjà fait la prison peu après les indépendances du pays en 1960, pour ses idées révolutionnaires, Henriette trouve un homme qui partage ses valeurs de combativité et ses ambitions.

Après la mort de Djeni Kobenan, premier secrétaire général du Rdr, Henriette est portée plus tard comme secrétaire générale du Rdr par Alassane Ouattara, qui dirigeait le parti avant de le confier à cette dame à son accession au pouvoir.

Actuellement Grande chancelière de la République de Côte d’Ivoire, Henriette Dagri Diabaté est la première femme à avoir été ministre d’Etat et la première femme présidente d’institution en Côte d’Ivoire, en sa qualité de Grande chancelière.

Elle est avec le professeur Memel Foté Haris, les deux seuls Ivoiriens à avoir donné des cours au prestigieux Collège de France, un grand établissement d’enseignement et de recherche. M. Duncan a salué en elle une universitaire et une enseignante émérite.

Dans le film, Mme Dagri Diabaté raconte son enfance passée à Gagnoa, dans l’Ouest ivoirien. Originaire de Jacqueville au Sud-Ouest d’Abidjan par son père, elle est née à Bingerville en terre Ebrié, une ville à l’Est d’Abidjan, une mémoire coloniale du pays pour avoir été l’une des premières capitales.

« Pour nous, c’était pour montrer qu’à travers elle, on peut découvrir la Côte d’Ivoire humaine. On a été inspiré par un article dans le journal Le Monde quand elle a été arrêtée et mise en prison. M. Calderon a dit qu’on pouvait faire un film sur elle », a rapporté M. Idriss Diabaté.

Pour le tournage, dira-t-il, on a mis un mois mais, on est parti à Gagnoa là où elle a grandi. Elle a visité la prison où les premiers membres du Pdci, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, ont été incarcérés en 1949.

Avant la diffusion du film documentaire Henriette l’Ivoirienne, à Abidjan, un test a été fait à Paris avec 60 personnes. Selon M. Idriss Diabaté il y a eu un intérêt pour le film qui devrait sortir en salle en été.

La réalisation et la production du film documentaire Henriette l’Ivoirienne ont coûté « près de 50 millions Fcfa » .

AP/ls/APA

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