Décès

Kobe, histoire d’une volonté

Ces dernières années, son éthique et son amour du jeu avaient survécu à sa retraite, prise un soir d’avril 2016 où il avait signé un dernier carton

Photo : DR

DISPARITION – Kobe Bryant a perdu la vie à 41 ans, dimanche. Victime d’un terrible accident d’hélicoptère avec sa deuxième fille, Gianna Maria, et sept autres passagers, l’ancien arrière des Los Angeles Lakers laisse une trace indélébile dans l’histoire du jeu. Parce qu’il fut un basketteur à part, un monstre de volonté comme aucun autre.

La première fois que Shaquille O’Neal a croisé la route de Kobe Bryant, gamin de 18 ans qui allait devenir une légende et changer le cours de sa carrière, le pivot, fraîchement arrivé d’Orlando, s’est demandé qui était ce drôle de gars qui ne parlait pas beaucoup et ne pensait qu’à s’entraîner, toujours plus dur que les autres, toujours plus tôt et plus tard que tout le monde et qui, déjà, avait une idée précise de ce qu’il voulait devenir. De ce qu’il serait.

« Il était jeune et immature à certains égards mais je peux vous dire une chose : tout ce que Kobe a fait, il me l’avait annoncé à cette époque. Une fois, alors qu’on était assis dans le bus, il m’a lâché : ‘Je vais devenir le meilleur marqueur de l’histoire des Lakers, je gagnerai cinq ou six titres NBA et je serai le meilleur de ce sport », racontait Shaquille O’Neal il y a quelques années dans son autobiographie « Shaq Uncut ». Sourire en coin, O’Neal avait un peu pris ça à la légère. Et puis, Kobe l’a fait.

L’excellence, toujours
Mort à 41 ans dans un accident d’hélicoptère qui a également emporté la vie de sa fille Gianna Maria et de sept autres passagers, Kobe Bryant restera une légende du jeu. Mais une légende comme il y en a peu. A part, de par ses accomplissements individuels et collectifs. A part, de par ce qu’il fut durant sa trop courte existence. Parce que Kobe, c’est avant tout l’histoire d’une volonté. Dans son sens le plus noble et le plus riche : Kobe Bryant était la volonté incarnée. Il savait ce qu’il voulait. L’a toujours su. Et a toujours mis en œuvre ce qu’il fallait pour parvenir à ses fins. Mais sans que la fin ne justifie les moyens. Droit dans les yeux. Pas de coup bas.

Ce fut une épreuve, pour certains, comme Shaquille O’Neal à la fin de leur folle odyssée qui avait mis la NBA à leurs pieds trois ans de suite. Demandez donc aussi à Dwight Howard comment il a vécu sa courte collaboration avec KB8, devenu KB24 dans l’intervalle. Impitoyable, Bryant visait l’excellence et comprenait difficilement que l’on puisse se contenter de moins. Ce fut une chance pour les Los Angeles Lakers, dont il a porté la tunique pourpre et or durant vingt ans parce que les Hornets, qui avaient drafté ce lycéen de 17 ans en 1996, ne savaient que faire de lui. Ça tombait bien : Kobe n’avait pas envie de perdre son temps à Charlotte.

Ce que Kobe voulait, Kobe l’obtenait, généralement. Il arrivait qu’il échoue. Mais jamais parce qu’il n’en avait pas fait assez. On pourrait, ici, citer et cumuler tous ses accomplissements sur un parquet, mais sa plus grande réussite est peut-être d’avoir marché dans les pas du plus grand, Michael Jordan. MJ fut son idole dès le premier jour et, pour lui, « Be Like Mike » n’était pas un slogan. Ce fut une ambition. On a parfois moqué sa propension à mimer le roi. On n’aurait jamais dû. Parce que d’autres ont eu le désir, voire l’outrecuidance, d’essayer de ressembler au numéro 23 des Bulls. Personne ne s’en est autant approché que Kobe. Lui seul en a eu le talent et, on y revient, s’est donné les moyens d’y parvenir durant vingt ans d’une carrière immense.

Kobe Bryant et Michael Jordan

Une inspiration
Ces dernières années, son éthique et son amour du jeu avaient survécu à sa retraite, prise un soir d’avril 2016 où il avait signé un dernier carton. Ils les avaient transmis à toute une génération de joueurs nourris aux exploits du « Black Mamba » comme lui s’était abreuvé de MJ. « Le voir sortir du lycée directement a été une inspiration. Voir un gamin de 17 ans arriver en NBA et tenter d’impacter autant une franchise m’a servi de motivation. Il m’a aidé avant même de me connaitre », témoignait encore LeBron James samedi soir, alors qu’il venait de le dépasser au classement des meilleurs marqueurs de l’histoire de la NBA.

Cette passion, Kobe Bryant, l’homme aux deux maillots accrochés au plafond du Staples Center, l’avait aussi transmise à ses filles. Toujours le premier levé, avant le soleil, soucieux de montrer l’exemple et éperdument dévoué à ses enfants dont il s’occupait à temps plein depuis qu’il avait rangé ses sneakers, Kobe se rendait dimanche, une nouvelle fois, à un match de basketball avec Gianna Maria.

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