Présidentielle 2020

Blé Goudé accuse Ouattara d’ « instrumentaliser la justice pour satisfaire son agenda politique »

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Pour Blé Goudé, le pouvoir est dans une « stratégie » qui consiste à « écarter des adversaires redoutables »

Photo : Archives

Abidjan, 03 janvier 2020 – 11H36 GMT [ALERTE INFO]- Quatre jours après sa condamnation par contumace à 20 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité, l’ancien leader des Jeunes patriotes ivoiriens Charles Blé Goudé, a accusé vendredi le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara d’ « instrumentaliser la justice pour satisfaire son agenda politique », dans un entretien sur RFI.

« Au lieu d’établir un Etat démocratique tout à son honneur, il passe son temps à instrumentaliser la justice pour satisfaire son agenda politique », a affirmé Blé Goudé, interrogé par RFI.

Lundi, la justice ivoirienne a condamné Charles Blé Goudé par contumace à 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques, 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts à verser aux victimes. Il était accusé d’ « actes de torture, homicides volontaires et viol » que ses partisans et lui auraient commis en 2010 et 2011,

Pour le président du Congrès panafricain pour la Justice et l’égalité des peuples (COJEP, opposition), en liberté conditionnelle à La Haye après son acquittement par la CPI, cette condamnation par contumace « est tout sauf une décision de justice ».

« C’est une décision politique qui revêt un vernis judiciaire », a estimé Blé Goudé, voyant derrière sa condamnation la main du pouvoir, qui affiche « des signes extérieurs d’une fébrilité ».

« Cette instrumentalisation de la justice ridiculise le pouvoir en place et infantilise la justice. C’est malheureux », a-t-il indiqué.

L’annonce de la condamnation de Blé Goudé survient un an après celle de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo à 20 ans de prison et 329 milliards FCFA d’amende, dans le « braquage » de l’Agence nationale de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale et huit jours après le début de l’affaire Guillaume Soro.

Candidat déclaré à la prochaine présidentielle d’octobre 2020, l’ex-chef de la rébellion et ancien président de l’Assemblée nationale, actuellement en France, est visé par un mandat d’arrêt international de la justice ivoirienne, qui l’accuse de « complot » et d’avoir préparé « une insurrection civile et militaire » pour s’emparer du pouvoir.

Pour Blé Goudé, le pouvoir est dans une « stratégie » qui consiste à « écarter des adversaires redoutables » dans la perspective du prochain scrutin présidentiel.

Il a, toutefois, appelé à “laisser la justice faire son travail’’ dans l’affaire Guillaume Soro.

Serge Alain KOFFI

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