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Un satellite kamikaze lancé par les États-Unis et l’Europe en 2021, pour faire dévier un astéroïde

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Les États-Unis et l’Europe, unis pour sauver le monde ? Dans l’espace, la fiction prend le pas sur la réalité

Photo : DR

Les États-Unis et l’Europe, unis pour sauver le monde ? Dans l’espace, la fiction prend le pas sur la réalité. La NASA et l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ont annoncé qu’elles allaient travailler ensemble pour tenter de dévier la trajectoire d’un double astéroïde du nom de Didymos d’ici à 2022 : une mission unique en son genre, qui répond au nom de « AIDA ». Celle-ci vient tout juste de recevoir le feu vert des ministres européens en charge de l’espace.

En pratique, il s’agit de recourir à ce que l’on appelle « un engin de type impacteur » : comprenez en fait un satellite kamikaze. Celui-ci doit être lancé par les États-Unis en juillet 2021. Le satellite, qui s’apparente à un missile, du nom de « Dart », sera chargé de frapper le plus petit des deux corps de l’astéroïde. Selon le Figaro, l’impact serait prévu en octobre 2022, et devrait permettre de modifier la façon dont les deux corps de l’astéroïde gravitent l’un autour de l’autre.

À la suite de l’impact, un vaisseau européen, lancé par l’Agence Spatiale Européenne, devra étudier les modifications que cet impact a eues sur la trajectoire de Didymos. « Il faut notamment que l’on détermine sa masse pour avoir une idée de l’efficacité du procédé », souligne Patrick Michel, astrophysicien à l’Observatoire de la Côte d’Azur et responsable scientifique de la mission européenne, dans les colonnes du Figaro.

800 mètres de diamètre
En ce qui concerne le double astéroïde Didymos (« jumeau » en grec ancien), celui-ci a été découvert le 11 avril 1996 à l’observatoire de Kitt Peak. Il possède un satellite (appelé de façon informelle « Didymoon »). L’astéroïde dit « primaire » mesure environ 800 mètres de diamètre. Son satellite lui, environ 150 mètres de diamètre, sur une orbite distante d’environ 1,1 km du primaire.

Cette collaboration entre l’Europe et les États-Unis a pourtant failli ne pas voir le jour. En 2017, l’Europe avait annoncé qu’elle n’allait pas envoyer pas de sonde vers l’astéroïde Didymos. « Nous devons renoncer à cette mission précise car nous manquons de temps et d’argent », avait déclaré Jan Woerner, directeur général de l’Agence spatiale européenne à l’AFP. À l’époque, la mission portait le nom « Aim » (Asteroid Impact Mission).

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Prévention des risques de collision avec un astéroïde : quelles solutions ?
Dans les chiffres, le Figaro précise qu’un astéroïde de plus de 10 kilomètres de diamètre tombe sur Terre tous les 100 millions d’années. Pour les astéroïdes de plus d’un kilomètre de diamètre, ces derniers tombent tous les 750 000 ans. Pour ceux qui mesurent plus de 150 mètres, tous les 10 000 ans.

Pour protéger la planète, plusieurs techniques existent. Le site Sciences en ligne en compte trois principalement.
– « Le tracteur gravitationnel » en premier lieu. Il s’agit de placer un satellite à côté de l’astéroïde en question. En orbite, le satellite permet ainsi de modifier la trajectoire du corps céleste.
– « L’ogive nucléaire » : un missile est envoyé sur l’astéroïde. La solution est radicale, mais n’est pas sans danger. Des débris sont susceptibles de retomber sur Terre.
– « L’impacteur cinétique », utilisée par exemple dans le cadre de la mission AIDA. Il s’agit d’envoyer une sonde ou un satellite pour percuter l’objet céleste, sans forcément le détruire. L’impact est alors susceptible de modifier la trajectoire de l’astéroïde.

Source : La Dépêche

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