Société

« Je ne peux pas être à la solde d’un parti » politique (Bailly Spinto, INTERVIEW)

L’artiste ivoirien Bailly Spinto

ABIDJAN, 15 decembre 2019 – 10H57 GMT [ALERTE INFO]- L’artiste ivoirien Bailly Spinto a affirmé qu’il est « apolitique » et « ne peut pas être à la solde d’un parti », dans une interview à ALERTE INFO.

Cela un moment qu’on ne vous voit plus sur la scène…

Moi, je fais des soirées privés, je ne fais pas des soirées où on colle les affiches, ce n’est plus à mon âge. Et je suis tranquille là-dedans. A partir du moment où on me prend déjà pour faire des soirées rivées, je ne peux pas faire des spectacles pour moi-même.

Est-ce un choix ?

Ce n’est pas un choix, ce sont des gens qui veulent Bailly Spinto, ils signent des contrats avec moi et je vais chanter pour eux. En Côte d’Ivoire, il n’y a pas un chanteur de mon âge qui chante actuellement dans les milieux, qui fait le showbiz.

Avez-vous un album en préparation ?

Oui, je travaille actuellement sur mon nouvel Album, l’année prochaine, il y aura un nouveau Bailly Spinto sur le marché.

Vous parlez de l’année prochaine qui est une année électorale, est-ce que les discours politiques vous rassurent ?

Je tiens compte des discours politiques, mais en même temps faut que je fasse mon métier, ils vont s’en servir pour leurs meetings, il ne faut pas que ca nous casse. Les politiciens cours après nous actuellement, ils veulent du Bailly Spinto sur leurs scènes, alors que je suis apolitique mais s’ils m’invitent à leurs meeting, j’y vais, que tu sois du PDCI, RDR, RHDP, FPI, j’y vais. Il ne faut pas que les gens s’étonnent, je ne chante pas uniquement pour une entité, je chante pour toute la Côte d’Ivoire.

Est-ce que vous seriez prêt à accompagner un candidat ?

Je ne suis pas prêt à accompagner un candidat spécial, je peux venir chanter à son meeting. Maintenant que je suis installé avec mes propres moyens, je n’ai plus besoin de courir. Un politicien qui me fait chanter, il me paye, je chante pour lui, mais je ne peux pas être à la solde d’un parti. Certains chanteurs ont fait des choix, moi je ne les juge pas. Je n’ai pas le droit de condamner quelqu’un qui a fait un choix politique.

Que pensez-vous de la musique aujourd’hui ?

Je trouve que la musique du temps est faite avec son temps, avec les gens de son temps. Nous avons fait notre temps avec notre musique, cela a plu aux gens, cela continue de traverser les temps, c’est la musique de l’époque et notre musique se bat pour traverser les époques. La nouvelle génération fait le boulot qu’elle a à faire, ca va passer aussi, je n’ai pas de jugement à faire dessus.

Est-ce que vous envisagez de prendre votre retraite dans la musique ?

Je ne vais pas donner de date précise de ma retraite, mais je sais que je suis à la retraite tous les jours, tant que des gens me font confiance, je chante. On fait un boulot, ca nourrit son homme, ca dépend de qui, on a des factures à payer, il faut travailler.

Quel commentaire faites-vous de la crise qui secoue actuellement le Burida?

C’est parce que les gens veulent voir tout ce qui se passe comme argent au Burida. Les gens veulent voir où l’argent passe. Nous avons eu un combat de mettre le Burida sur pieds, on a fait notre part, la nouvelle génération doit travailler pour faire entrer de l’argent au Burida. Nous avons créé la structure des retraites à 55 ans au Burida, moi, j’en bénéficie.
Je veux que les artistes soient solidaires, qu’ils voient où est leurs intérêts pour mener le vrai combat, parce que changer les gens n’est pas la solution. C’est trouver les vrais problèmes de répartition, et voir l’état pour qu’il puisse nous donner les copies privées, voilà un combat.

Que l’année 2020 soit l’année de prospérité, l’année de bonté, de santé pour tous les Ivoiriens. Et les artistes qu’ils continuent de se battre pour avoir leurs droits, cela existe, mais il faut de bons combattants pour aller prendre les droits là où ils sont. Faut qu’il y ait des colloques au niveau de l’Assemblée nationale pour en parler, j’espère que ceux qui ont été nommés au conseil économique vont lutter pour les artistes, pour que les copies privées voient le jour. Économiquement les artistes souffrent.

EFI

Commentaires
Haut