Musique

Blé Goudé « était un peu comme mon petit papa » (Prissk, INTERVIEW)

PrissK, la chanteuse, comédienne, animatrice et rappeuse ivoirienne

ABIDJAN, 17 novembre 2019 – 11H30 GMT [ALERTE INFO]- L’ex-leader des jeunes patriotes ivoirien Charles Blé Goudé « était un peu comme mon petit papa et aimait beaucoup ce que je faisais dans la musique », a affirmé la rappeuse Koffi Prisca dit Prissk, dans un entretien à ALERTE INFO.

A un an de la présidentielle est-ce les discours politiques sont rassurants pour les artistes que vous êtes?

Ca ne rassure pas, on compte sur la grâce de Dieu pour que ce qui s’est passé ne se reproduise plus et on compte sur la maturité des Ivoiriens parce que la guerre ne profite à personne, on demeure dans la prière.

Des artistes sont souvent utilisés pour faire la campagne de politiciens, est-ce que vous vous inscrivez dans ce registre ?

Non, je n’ai jamais participé à une campagne, c’est délicat quand on est artiste, on est aimé par tout le monde et chacun a un parti politique. Et comme on est dans des pays où on ne fait pas la part des choses, c’est compliqué. En période électorale moi, je préfère être de côté.
Mais à l’époque avec le Gbonhi Yoyoyo, on participait à des meetings de Blé Goudé, mais il faut que les gens comprennent que nous sommes des artistes et que c’est notre gagne-pain. On peut jouer pour x, pour y, dans la même campagne, on n’incite pas les gens à voter pour un tel ou tel, on fait notre travail. Par contre, il y a des gens qui font des chansons pour certaines personnes, non moi, je ne fais pas çà.

Y avait-il une relation particulière avec Blé Goude?

C’était un peu comme mon petit papa, il m’aimait beaucoup et il a fait beaucoup pour moi.

Que faisait-il pour vous?

Nous les artistes ce n’est pas toujours que ça va, il y a des saisons où les artistes ne sont pas demandés, quand vous traversez une période où à côté de la musique vous n’avez pas d’autres activités qui vous rapporte, si on a des parrains, des grands frères, c’est en ce moment la que ces personnes là sont d’un grand soutien. Si vous avez des gens qui vous épaulent, c’est une grâce.

Etes-vous pour le soutien des hommes politiques aux artistes ?

Je ne parle pas des hommes politiques, avant d’être un homme politique, c’est un homme, il a des amis, mais on ne va pas tergiverser sur ça, moi, j’ai été honorée d’être dans son sillon, ce n’est pas quelqu’un que je voyais tous les jours, c’est quelqu’un qui à l’occasion prenait son téléphone et m’appelait.
Avant d’avoir le soutien des hommes, il faut avoir le soutien de Dieu, c’est Dieu qui met dans le cœur des gens pour qu’ils vous soutiennent, mon soutien, c’est Dieu. Je ne m’attache pas aux gens parce qu’ils peuvent me soutenir. Le soutien n’est pas que financier. Il est à plusieurs niveaux.

Blé Goudé a été un soutien pour moi à beaucoup de niveaux, comme il l’a été pour beaucoup de gens. C’était quelqu’un qui aimait beaucoup ce que je faisais dans la musique.

On vous a connu comme l’une des premières voix féminines dans le hip-hop ivoirien, on vous découvre sous d’autres casquettes, comment se fait cette transition ?

Je vais dire que c’est une transition mais l’éclosion de potentiel qui sommeillait en moi. L’humour c’est Zongo qui fait que je me découvre ce talent d’humoriste, c’est vrai que dans mon entourage, je fais rire, je suis l’ambianceuse mais c’est Zongo qui me fait découvrir cela et qui m’a aidé à me professionnaliser. Après mon séjour à Bamako, c’est Digbeu Cravate qui m’a boosté. A travers lui j’ai rencontré Mamane, ils m’ont accompagné, aujourd’hui je suis actrice. L’animation, c’est un peu ma formation puisque j’ai fait communication, mais toutes ces casquettes, je pense que c’est la grâce de Dieu.

Comment vous jugez le niveau du hip-hop aujourd’hui?

Je ne vais pas m’ériger en juge, je vais juste donner mon avis. Je pense qu’aujourd’hui les vieux de la vielle école comme moi doivent arrêter de dire que les jeunes de maintenant ne font pas du rap. C’est du rap de cette époque, le rap a évolué.
La seule chose que je déplore, c’est que les jeunes ne cherchent pas la bénédiction des anciens. C’est important, vous ne pouvez pas arriver quelque part et venir clasher vos anciens, ceux qui ont tracé la voie dans laquelle vous marchez. C’est le seul hic, il n’y a pas de solidarité dans le mouvement du rap en Côte d’Ivoire. Il y a trop de clashs, trop d’ego.

EFI

Commentaires
Haut