Politique

Soro, en conflit ouvert avec ses ex-alliés du RHDP, à un an de la présidentielle (PAPIER D’ANGLE)

Photo d’archives

ABIDJAN, 10 novembre 2019 – 19H03 GMT [ALERTE INFO]- En séjour à l’extérieur depuis plusieurs mois, l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire, fait régulièrement parler de lui à travers des sorties dont ses ex-alliés du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) se seraient passés volontiers.

Depuis son départ « forcé » de la présidence de l’Assemblée nationale début Février, les relations n’ont jamais été aussi tendues entre le camps de M. Soro et le Rhdp, qu’après l’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle prochaine, dans moins d’un an.

De plus en plus virulent envers ceux qui sont désormais ses adversaires politiques, le président du mouvement Générations et peuples solidaires (GPS) ne cache plus sa « déception » vis-à-vis de ses ex-alliés, critiquant en touts points la gestion du parti du pouvoir.

Si dans toutes interventions Guillaume Soro prône la « politique autrement » et la « réconciliation » entre les Ivoiriens, celle avec ses anciens proches ne semble pas être à l’ordre du jour. En effet chaque rencontre avec ses partisans, sur fond de pré-campagne par ailleurs, est une occasion de tirer à coups de révélations, d’insinuations et d’accusations sur le parti au pouvoir.

De ses rentes viagères non perçues à la radiation de son aide de camp en passant par l’évocation de partisans « infiltrés » au Rhdp et le retard de la délivrance de son passeport, le président de Gps, et son équipe, soulève à chaque sortie des polémiques.

Il ira même jusqu’à établir, vendredi, un parallèle entre « la Gambie de Yayah Jammeh » et la Côte d’Ivoire sous Alassane Ouattara devant la Chatham House à Londres, évoquant des « organisations de la société civile et les partis politiques de l’opposition (…) traqués, harcelés, privés de leurs droits constitutionnels, empêchés de se réunir, mis à l’index dans l’opinion » et des opposants « menacés de coups et blessures, d’emprisonnements arbitraires, de procès en sorcellerie, et même d’assassinat ».

« Pour qu’il y ait une véritable élection présidentielle dans mon pays, la Côte d’Ivoire, il faut de toute urgence retirer le contrôle absolu du processus électoral des mains du Président Ouattara et de l’actuelle Commission électorale soumise à ces ordres », a-t-il poursuivi devant ce club d’élites.

Le sens de la répartie étant la chose la mieux partagée en politique, le camp adverse, avec en tête les directeur exécutif et porte-parole adjoint du Rhdp, Adama Bictogo et Mamadou Touré, ne se fait pas prier pour apporter la réplique à ces sorties pour le moins dérangeantes.

A la guerre comme à la guerre, M. Bictogo, a moqué, face à la presse le 28 octobre, le manque de « connaissance » en économie de l’ex-président de l’Assemblée nationale, après que ce dernier ait jugé la croissance du pays « appauvrissante ».

M. Soro « a été un bon chef rebelle » mais « il a encore à apprendre sur l’économie, a-t-il lâché, ajoutant qu’aucun Ivoirien ne retient que le président de GPS a été Premier ministre, « tant il a brillé par son incapacité à faire valoir les fondamentaux économiques ».

M. Touré a pour sa part montré son agacement face à ce qu’il a qualifié d’ »impolitesses au président de la République » Alassane Ouatara, qui est pour lui et tous les partisans du Rhdp un « père », lors d’une cérémonie le 03 novembre.

« Tant qu’il sera dans cette dynamique, devant lui il trouvera des jeunes de sa génération pour lui rappeler que nous avons des valeurs », a-t-il dit à d’anciens partisans de M. Soro débauchés par le parti au pouvoir, ajoutant que les deux camps pourraient se retrouver un jour, à conditions que ces « impolitesses » soient retirées.

Dans ce climat loin d’être rassurant pour la présidentielle, la campagne électorale, elle, semble de toute évidence avoir sonné avant l’heure dans les deux camps, chacun s’attelant à identifier ses partisans et implanter sa présence sur le territoire national comme à l’extérieur.

MYA

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