Sénégal

Khalifa Sall se dit ancré dans le socialisme et l’opposition

Khalifa Sall souligne aujourd’hui que « nous avons encore tant à faire pour notre pays »

Photo : Archives

APA-Dakar (Sénégal) Par Oumar Dembélé – L’ex-maire de Dakar Khalifa Sall, gracié le 29 septembre dernier après plus de deux ans de détention, a déclaré lundi à la presse qu’il reste dans l’opposition tout en ayant « le cœur ouvert » malgré les « épreuves » telles que son exclusion du Parti socialiste (PS), une formation politique dont il demeure fidèle a l’idéologie.

« Si nous sommes plus résilients, c’est grâce à notre identité que nous devons garder intacte : nous sommes de gauche, nous sommes des socialistes », a affirmé Khalifa Sall, 63 ans, tout de blanc vêtu, devant plusieurs journalistes et ses militants, pour sa première sortie officielle depuis son élargissement de la prison de Rebeuss.

Condamné au terme d’un procès épique à 5 ans ferme pour « escroquerie » dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar portant sur un montant de plus d’un milliard de FCFA, l’ex-député avait été précédemment renvoyé de son parti où il militait depuis l’adolescence, ainsi que 64 autres dissidents hostiles à une alliance avec Macky Sall dans la coalition présidentielle Benno Bokk Yaakaar (ensemble pour un même espoir, BBY).

Mais comme s’y attendaient le moins certains, Khalifa Sall dit que « cette épreuve (de la prison) ne doit pas nous faire perdre notre humanité, (parce que ) nous en sommes sorti le cœur ouvert ».

Il appelle à n’avoir « ni haine, ni rancœur même dans l’adversité », avant de témoigner ses « pensées et gratitude » à ses anciens co-détenus, aux agents pénitentiaires et à leur administration pour lesquels il a notamment plaidé l’amélioration de leurs conditions.

Poursuivant sur son passage à la maison d’arrêt de Rebeuss, Khalifa Sall trouve que « nous ne devons pas céder aux excès de la politique, ni passer notre temps à ressasser le passé ».

Toutefois, souligne-t-il,« cette épreuve n’a pas entamé nos convictions » notamment son « ancrage dans l’opposition ».

« La fidélité à nos valeurs nous a permis de résister à l’acharement du pouvoir. Nous sommes les héritiers d’une histoire vivante, forgée par l’alliance entre la démocratie et le progrès. Nous devons en être fiers et porter son message fondé sur les valeurs de liberté, d’égalité, de justice et de solidarité », a-t-il précisé.

Entrouvrant l’avenir après son élargissement, Khalifa Sall qui avait été porté deux fois (2009 et 2014) à la puissante mairie de Dakar, successivement sous Wade et Macky Sall, grâce à sa coalition « Taxawu Dakar », souligne aujourd’hui que « nous avons encore tant à faire pour notre pays ».

Dès lors, M. Sall dit s’appuyer sur « trois viatiques pour nous éclairer dans notre cheminement collectif au service du Sénégal ».

Il s’agit de « la force de nos convictions et la fidélité à nos valeurs », le sacrifice pour un Sénégal « plus libre, plus prospère, plus juste et plus solidaire à l’opposé du pays dans lequel nous vivons » et « notre attachement aux conclusions des assises nationales » qui reflètent « la richesse des expériences et des attentes du peuple ».

Achevées en 2009, c’est-à-dire trois ans avant l’arrivée au pouvoir de Macky Sall (signataire), ces « conclusions des assises nationales constituent le document de référence de notre projet (politique). Et il faudra les adapter au contexte bien entendu du pays, de l’Afrique et du monde », a indiqué Khalifa Sall.

ODL/te/APA

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