Caméroun

17 Octobre 2019 – Economie et crises sociopolitiques en couverture des journaux camerounais

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola – Les journaux camerounais parus jeudi décrivent un front de l’économie nationale en clair-obscur, dans un environnement sociopolitique tout aussi morose.

A lire la grande manchette du quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, il se passe comme un frémissement au plan des réformes économiques et financières. La preuve de ce retour à l’embellie, signale la publication en même temps que son confrère Mutations, c’est que le pays vient de bénéficier d’un prêt de l’ordre de 117 milliards FCfa de la Banque mondiale (BM).

Cet appui, précisent les deux publications, rentre dans le cadre de l’assainissement des finances publiques, et intervient dans le cadre du programme triennal conclu en 2017 avec le Fonds monétaire international (FMI).

Si le pays peut être crédité de la mention «passable» par les institutions de Bretton Woods, il est par contre, relativise Le Quotidien de l’Économie, parmi les mauvais élèves auprès des organismes de notation qui, entre 2018 et 2019, a enregistré plusieurs contre-performances qui obèrent son classement, aussi bien sur le plan mondial que continental.

Pour évoquer des sujets encore plus urgents, Le Quotidien et Réalités Plus signalent que plus de 100.000 personnes sont en détresse dans la région de l’Extrême-Nord, sans-abris suite aux inondations ayant provoqué la montée des eaux du fleuve Logone.

Sous le titre «Adamaoua/Crise anglophone : SOS déplacés», Mutations s’intéresse au calvaire de milliers d’autres sinistrés fuyant les combats sécessionnistes dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et qui, tant bien que mal, essayent de se réinstaller dans la localité de Bankim. Il y a pourtant comme un retour à la vie normale en zone anglophone, rétorque Cameroon Tribune, rendant compte des initiatives d’associations féminines du cru dans ce sens.

Si cela peut temporairement permettre de soulager les souffrances de milliers de foyers, pour The Post, la solution durable demeure dans l’instauration d’un statut spécial de la zone anglophone, tel qu’annoncé par le Grand dialogue national (GDN) organisé du 30 septembre au 4 octobre dans la capitale, Yaoundé.

La preuve, s’il en était encore besoin, que rien n’est réglé est apportée par Mutations, sous le titre «Grand dialogue national : les États-Unis et l’Union européenne font la moue». Pour l’un et de l’autre, appelant par ailleurs à l’organisation de pourparlers véritablement inclusifs, la poursuite des violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest traduit l’échec de la récente palabre nationale.

«L’Union européenne ne vend-elle pas après le marché ?» ironise The Guardian Post, s’interrogeant sur le jeu d’équilibriste de ladite institution, qui hier encore clamait sa satisfaction à l’issue du GDN, et qui semble aujourd’hui faire machine arrière pour exiger plus d’ouverture en direction des sécessionnistes.

FCEB/cat/APA

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