Cameroun

Le roi des Bamoun préconise la limitation du mandat présidentiel

Ibrahim Mbombo Njoya est également connu pour être l’un des rares intimes de Paul Biya

Photo : APA

APA-Yaoundé (Cameroun) De notre correspondant : Félix Cyriaque Ebolé Bola – Le roi de l’influente tribu des Bamoun (ouest), El Hadj Ibrahim Mbombo Njoya, a proposé que le Cameroun révise sa Constitution en décrétant notamment la limitation du mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une seule fois.

S’exprimant lundi soir lors du Grand débat national, organisé par le gouvernement en vue d’une résolution pacifique de la crise sécessionniste anglophone, Mbombo Njoya, par ailleurs sénateur, s’est également dit favorable à une élection présidentielle à deux tours ainsi qu’à la révision du Code électoral.

Émanant d’un membre du bureau politique du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC, au pouvoir), cette déclaration a surpris plus d’un dans la mouvance présidentielle.

Selon le sultan, par ailleurs plusieurs fois membre du gouvernement, « au-delà des problèmes qui se présentent à nous aujourd’hui, les Camerounais souhaitent, dans leur grande majorité, l’alternance », présentée comme « le seul remède qui pourrait guérir le mal » dont souffre leur pays.

En avril 2008, l’Assemblée nationale avait adopté une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels qui, depuis 1996 et sur initiative du pouvoir lui-même, fixait le nombre desdits mandats à deux septennats consécutifs, au maximum. À l’époque, des caciques du régime avaient argué qu’il était « antidémocratique » se débarrasser d’un dirigeant encore aimé et respecté par son peuple.

En outre, Ibrahim Mbombo Njoya, également connu pour être l’un des rares intimes de Paul Biya, a demandé la création d’une Commission en charge de préciser les contours et contenus d’une décentralisation poussée « dont il faut accélérer la mise en place dans les 6 mois qui suivent le dialogue ».

Pour apaiser la tension, le guide de la tribu des Bamoun a souhaité que le chef de l’État use de son pouvoir discrétionnaire pour gracier les personnes condamnées dans le cadre de la crise dans les régions anglophones, mais également celles interpellées durant les manifestations post-présidentielles d’octobre 2018.

Paul Biya, successeur d’Ahmadou Ahidjo, est le président de la République du Cameroun depuis le 6 novembre 1982. Avec 37 ans au pouvoir, il est actuellement le deuxième président africain, derrière Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale, ayant occupé le plus longtemps cette fonction.

FCEB/id/cat/APA

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