Culture

DJ Arafat, l’icône du coupé-décalé quitte définitivement la scène sous haute tension (REPORTAGE)

Ange Didier Huon alias DJ Arafat l’icône du coupé décalé

Photo : Archives

Abidjan, 31 août 2019 -[ALERTE INFO]- Décédé le 12 août à l’âge de 33 ans, à la suite d’un accident de moto à Abidjan, Ange Didier Huon alias DJ Arafat l’icône du coupé décalé, a quitté la scène sous une haute tension, au regard des heurts constatés entre les forces de l’ordre et des milliers de fans venu rendre un dernier hommage à leur artiste au cimetière de Williamsville (Abidjan nord).

« On est venu voir l’enterrement du corps de notre Daishi (l’un des surnom de Arafat) et ils nous refusent l’accès » hurle Aya d’une voix inaudible, l’une des fanatique de l’artiste, présente devant la nécropole gardée par une cinquantaine de policiers munis de matraque et de gaz lacrymogène.

Des milliers des personnes présentes au stade Félix Houphouet Boigny, où à eu lieu vendredi soir une cérémonie grandiose d’hommage à la star du coupé décalé, rythme ivoirien crée en 2003 dans des boites de nuit parisiennes, ont convergé vers le principal cimetière abidjanais pour accompagner leur idole.

Précédée d’un cortège de la police nationale et de la gendarmerie, la dépouille de l’artiste foule le cimetière à 7H20 en présence des membres de sa famille, des membres du gouvernement et plusieurs artistes internationaux dont Sidiki Diabaté, Mokobé.

A l’entrée les premiers fans, vêtus pour la plupart de tee-shirt blanc à l’effigie du disparu attendaient déjà la dépouille, dans une atmosphère de recueillement.

« On veut Daishi, on veut Daishi (l’un des surnoms de l’artiste) », scandaient, ses fans surexcités, qui n’ont pu avoir accès au cimetière, en raison du caractère privé de l’inhumation.

Face à la foule de plus en en plus nombreuse et euphorique, la police a usé de gaz lacrymogène vers 7H50 pour disperser, créant une débandade dans le périmètre.

Dans cette atmosphère surchauffée, un gendarme blessé au visage par un projectile est évacué par les pompiers hors du cimetière, survolé pour la circonstance par un hélicoptère.

A l’arrivée du ministre ivoirien de la Défense Hamed Bakayoko, par ailleurs parrain de DJ Arafat, des jeunes entrent en courant par une autre porte du cimétière.

La tension monte d’un cran, peu après l’inhumation à 8H45 (GMT) avec des tirs de grenades à l’intérieur et à l’extérieur de l’espace. Quant aux manifestants, ils répliquaient par des jets de pierres sur les forces de l’ordre.

« La situation est assez tendue en ce moment, mais nous gérons les heurts », a confié une source sécuritaire à ALERTE INFO, sous couvert d’anonymat.

Devant le cimetière, d’épaisses colonnes de fumée de pneus brulés et de lacrymogène étaient visibles à l’entrée de Williamsville, tout comme des cargos de la police et la gendarmerie stationnés sur l’axe menant au cimetière.

Peu après le départ des officiels, des individus surexcités ont profané la tombe du chanteur du coupé-décalé et enlevé le cercueil de la tombe, avant de voler les gerbes de fleurs déposées sur la tombe.

Des forces de l’ordre les ont dispersés les individus tout en remettant le cercueil à l’endroit d’où il a été retiré.

Fermé début juin pour des travaux de réhabilitation et de mise à niveau, le cimetière de Williamsville a été rouvert exceptionnellement pour l’inhumation du Yorobo (l’un des surnoms d’Arafat)

Des feux tricolores situés non loin du cimetière, n’ont pas échappés à la fureur des manifestants.

HAN

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