Politique

Un député ivoirien évoque une modification de «la limite d’âge» dans la Constitution

Le député de Daoukro, Olivier Akoto.

Photo : APA

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – Des bruits de couloirs à l’Assemblée nationale ivoirienne évoquent un projet de loi sur la modification de la Constitution, « en l’occurrence la limite d’âge », a dit mardi à Abidjan le député Olivier Akoto, lors d’un échange sur le processus électoral en Côte d’Ivoire.

Il y a des bruits de couloirs « à l’Assemblée comme quoi il y a un projet de loi qui ne serait pas loin de nos tables, ce projet va modifier la Constitution, en l’occurrence la limite d’âge », a fait savoir le député de Daoukro (Centre-Est ivoirien), Olivier Akoto.

M. Akoto est intervenu sur la réforme constitutionnelle évoquée par le chef de l’Etat ivoirien, lors de débats sur la situation politique du pays à 14 mois de l’élection présidentielle, un moment organisé par la section ivoirienne du Forum de la société civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO).

Et quand, dira-t-il, le texte de loi sur « cette limite d’âge sera ciblé, ça sera des modifications confligènes ». Pour lui, ce projet de loi pourrait engendrer des frais importants pour l’Etat la Côte d’Ivoire qui devrait plutôt se pencher sur la gratuité de la carte nationale d’identité.

« Le référendum constitutionnel de 2016 a coûté au bas mot 16 milliards de Fcfa, pourquoi en moins de trois ans, cette Constitution qu’on a applaudi ici (va être modifiée), il y a quelle urgence à un an des élections présidentielles » prévues en octobre 2020, s’est-il interrogé.

Lors d’une interview à la télévision d’État, à la veille de la fête de l’Indépendance, le 6 août 2019, le chef de l’Etat Alassane Ouattara a évoqué une éventuelle modification de la Constitution. Selon lui, « la modification de la Constitution doit être un processus qui dépend de l’opinion ».

« Nous avons une Constitution depuis 2016, on l’a pratiquée. Il est clair qu’il y a des choses qu’il faut modifier dans la Constitution, mais ce n’est pas pour recaler des candidats, non », a déclaré M. Ouattara au cours de l’entretien.

M. Ouattara a estimé que la loi fondamentale devrait « épouser l’air du temps », avant d’ajouter « nous sommes un certain nombre (d’acteurs politiques) à avoir un certain âge, peut être devrions nous réfléchir à ce que nous pouvons donner à notre pays au-delà d’un certain âge ».

« J’aurai 78 ans l’année prochaine, mes médecins me disent que je suis en parfaite santé », a poursuivi le chef de l’Etat ivoirien, relevant que l’ex-président Henri Konan Bédié, leader du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, ex-allié au pouvoir) en a dix ans de plus que lui.

La Côte d’Ivoire s’approche résolument vers l’organisation en octobre 2020 de la deuxième élection présidentielle après celle de 2010 qui a été émaillée de violences post électorales, ayant fait plus de 3.000 morts dans le pays.

Le FOSCAO soutient que l’un des défis post électoral de la Côte d’Ivoire est une réconciliation nationale inclusive et une reforme profonde des institutions de la République. Mais, « ces deux défis n’ont pas atteints leur point d’achèvement après environ une décennie de gouvernance ».

La Constitution ivoirienne actuelle ne fait pas état d’une limitation d’âge pour briguer la magistrature suprême. Elle permet aux candidats de se présenter à tout âge pourvu qu’ ils jouissent d’une bonne santé morale et physique.

AP/ls/APA

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