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Allah Thérèse : un album pour dire merci et au revoir

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« Après plus d’un an de veuvage, nous avons décidé de sortir le dernier album de la carrière d’Alla Thérèse », confie Augustin N’Dri

Photo : Archives

Une ambiance des grands jours a régné, le 19 juillet, à la salle de conférences de la Maison de la presse d’Abidjan Plateau. La raison: elle a accueilli la cérémonie de présentation officielle et de dédicace du nouvel album de 10 titres d’Allah Thérèse, intitulé « Bégnansou Moayé » (Ce qui procure du bonheur).

Et l’instant fut plein d’émotion. Diabo Steck, le président du comité d’organisation, a mis les petits plats dans les grands pour faire de cette fête un succès. Comme pour mettre au goût du jour la musique ivoirienne des années antérieures, il a fait appel aux artistes-chanteurs : Sery Simplice, Daouda le sentimental, Eba Aka Jérôme, Kassy Perpetue, Adé Liz… Qui ont fait des prestations de qualité pour rendre hommage à la doyenne des artistes.

Puis est arrivé le moment tant attendu. Allah Thérèse a fait son apparition avec « ses pas de danse, ses décalages, ses pirouettes comparables à la démarche de la perdrix de la savane baoulé », pour emprunter les termes de Lucien N’Dri, son producteur. Mais cette fois, sans la complicité de son accordéoniste d’époux, N’Goran La Loi.

En effet, c’est la première fois depuis le début de sa carrière, en 1956 (63 ans), qu’Alla Thérèse jouait sans son époux décédé en 2018. L’émotion était forte. La doyenne n’a pas pu contenir ses larmes, comme paralysée par l’émotion. Elle n’a pas eu la force de continuer et terminer sa prestation. Malgré tout, un standing ovation l’a accompagnée jusqu’à son siège. Que d’émotion pour cette présentation d’album de fin de carrière dont l’idée a germé en 2016.

« A la fin d’une soirée en son honneur en 2016, Maman Allah Thérèse a exprimé son désir d’arrêter la scène. Pour ce faire, elle m’a demandé de produire son dernier album qui mettra ainsi fin à sa carrière mais aussi pour dire un grand merci à la nation ivoirienne qui, de tout temps, a été à ses côtés, l’a tant aimée et a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. C’est ainsi qu’en mai 2017, elle entre en studio pour enregistrer 10 chansons. Le travail technique, les formalités administratives au Burida nous ont conduits jusqu’en 2018. Au moment de la sortie de l’œuvre, la mort est venue ôter la vie à son époux N’Goran La Loi. Aujourd’hui, après plus d’un an de veuvage, nous avons décidé de sortir le dernier album de la carrière d’Alla Thérèse », confie Augustin N’Dri.

Dans les chansons de « l’album testament », Allah Thérèse évoque des valeurs telles que l’amour : l’amour entre les peuples, l’amour entre les conjoints qui débouche sur la complicité et la sincérité dans toutes relations. « Fondi » (la paix) est toujours présent pour parler de la paix, préalable au développement de la Côte d’Ivoire tel qu’impulsé par le président Félix Houphouët-Boigny.

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