Réconciliation

L’ONG Phénix dénonce des « rancunes politiques au cœur de la République »

« La crise post-électorale et les différentes crises sont les conséquences de beaucoup de rancunes politiques »,

Photo : APA

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – La crise post-électorale de décembre 2010 à avril 2011 est la conséquence de « beaucoup de rancunes politiques au cœur de la République », a dénoncé, mardi, Didier Gnamké Koffi, président de l’Organisation non gouvernementale (ONG) Phénix Côte d’Ivoire.

Selon le président Didier Gnamké Koffi, pour la réussite du « processus de réconciliation nationale durable », il faut poser « le bon diagnostic afin de trouver le bon remède au mal et au mal-être des Ivoiriens ».

« La crise post-électorale et les différentes crises antérieures sont les conséquences de beaucoup de rancunes politiques au cœur de la République », a-t-il dénoncé dans une conférence de presse.

Pour le conférencier, le substrat des troubles qui rythment, aujourd’hui, le quotidien des Ivoiriens, tire sa source dans « trois passifs non soldés », depuis le premier président, Félix Houphouët-Boigny que sont « le passif non soldé de la Charte du Nord, le passif non soldé du concept de l’Ivoirité et le passif non soldé du foncier rural ».

En 1991, sous le régime de Félix Houphouët-Boigny (1960-1993), un document non signé intitulé « La Charte du Nord » et attribué aux cadres du Nord du pays, principalement, à la reggae-star Alpha Blondy qui le récusera plus tard, « préparait insidieusement les esprits des ressortissants de cette partie du pays à une prise de conscience identitaire », a rappelé M. Koffi.

Au décès d’Houphouët-Boigny, son successeur à la tête de l’Etat, Henri Konan Bédié, porteur d’un projet de société fondé sur « une société nouvelle aux frontières nouvelles du développement » autour du concept « d’Ivoirité » créé par le Pr Niangoran Bouah « est attaqué et remis en cause par l’opposition qui l’accuse de prôner la xénophobie », a-t-il encore rappelé.

Enfin, le passif non soldé du foncier rural découle, selon Didier Gnamké Koffi, du « clair-obscur juridico institutionnel » introduit par le président Houphouët-Boigny, proclamant lors de son discours du 30 octobre 1970 au 5è congrès du PDCI-RDA (Parti-Etat d’alors) que « le gouvernement et le Parti ont décidé, dans l’intérêt du pays de reconnaître à tout Ivoirien d’origine ou d’adoption, qui met une parcelle de terre en valeur, qu’elle que soit l’étendue, le droit de jouissance à titre définitif et transmissible à ses héritiers ».

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« En dépit de leur gravité, ces différents contentieux n’ont pas été vidés et ils ont été rangés dans les placards de la République, classés sans suite » et qui constituent « un abcès », s’est indigné le conférencier.

« Autant de questions qui fâchent autant de passifs majeurs non soldés qui empoisonnent la vie nationale et qui sont les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’il faut régler », a diagnostiqué Didier Koffi invitant chacun à « s’armer d’humilité, à dominer son égo et à se placer au-dessus de tout dans l’intérêt supérieure la mère-patrie ».

C’est cette autre piste que l’ONG Phénix veut ouvrir pour la recherche des solutions qui pourraient conduire à la paix des cœurs et des esprits, à une cohésion sociale véritable et durable avant les échéances électorales de 2020 pour lesquelles M. Koffi ne cache pas son « pessimiste ».

HS/ls/APA

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