Politique

Les juges déposent leur exposé écrit des motifs d’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé

Blé Goudé - CPI - avocat - procès - justice

La majorité des juges a estimé « sensiblement différent » le « tableau brossé par le procureur et les éléments de preuve »

Photo : Archives

Abidjan, 16 juillet 2019 – 17H40 GMT [ALERTE INFO] – La Chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) a déposé mardi « l’exposé détaillé des motifs » d’acquittement de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son ex-ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé, six mois après sa décision orale.

Le 15 janvier, la Chambre avait annoncé à la majorité de ses membres, l’acquittement de MM. Gbagbo et Blé Goudé « de toutes les charges de crimes contre l’humanité commis en Côte d’Ivoire en 2010 et 2011 ».

Ils étaient poursuivis pour « crimes contre l’humanité (meurtre, viol, autres actes inhumains, ou tentative de meurtre et persécution) commis lors des violences postélectorales en Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011 ».

Dans l’exposé écrit des motifs, les juges ont expliqué que le procureur n’a pas démontré que les « discours prononcés en public par » les deux hommes « étaient constitutifs du fait d’ordonner, solliciter ou encourager la commission des crimes » et « l’existence d’un « plan commun (pour) maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir ».

La majorité des juges a estimé « sensiblement différent » le « tableau brossé par le procureur et les éléments de preuve » et conclu, que « les preuves disponibles n’étayaient pas l’allégation selon laquelle les crimes en cause étaient le résultat d’une politique » qui ciblait « les opposants politiques ».

Ils ont soutenu n’avoir pas été « convaincus que les éléments de preuve sur lesquels s’était fondé le procureur étaient suffisants pour établir l’existence d’un mode opératoire dont pourrait être déduite une telle politique ».

Mais la juge la juge Herrera Carbuccia qui était en désaccord avec la décision d’acquittement, a dans ses justifications dissidentes, fait savoir « qu’il y avait des éléments suffisants qui, s’ils étaient admis, permettraient à une chambre de première instance raisonnable de déclarer Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé coupables des crimes contre l’humanité ».

MM.Gbagbo et Blé Goudé resteront en attendant une décision définitive, « en liberté sous conditions conformément à la décision rendue par la Chambre d’appel le 1er février 2019 ».

Si l’ex président a été accueilli Belgique, après leur mise en liberté conditionnelle, aucun Etat ne s’est en revanche déclaré disposer à recevoir l’ancien leader des Jeunes patriotes ivoiriens qui vit depuis dans un hôtel aux Pays-Bas.

EFI

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