Société

Coach en développement personnel, un métier en vogue sur la toile (MAGAZINE)

Abidjan, 14 juillet 2019 – 20H19 GMT [ALERTE INFO] – Chaque fois un peu plus nombreux au fil du temps sur les réseaux sociaux, Facebook et Youtube notamment, traitant de sujet liés à la vie professionnelle, sociale et surtout sentimentale, les coachs de vie ou coachs en développement personnel africains ont le vent en poupe depuis quelques années, de par leur présence remarquée sur la toile.

Défini par la Fédération francophone de coachs professionnels (FFCPro) comme « un processus d’accompagnement » qui « permet de se «développer» dans une dynamique du «comment» réaliser un projet », le coaching est, toujours selon la fédération, « tourné vers la motivation, le potentiel, et les ressources propres à chacun ».

Si ce corps de métier est très répandu aux Etats-Unis où il est apparu dans les années 60 ainsi qu’en Europe, il est encore en pleine expansion en Afrique, où la forme la plus connue reste le coaching collectif. C’est d’ailleurs par centaines, voire par milliers, que les internautes se connectent instantanément pour suivre les conseils de leurs coachs, sur un sujet annoncé en général quelques heures plus tôt.

Vu le défilement rapide des commentaires, l’interaction est assez faible dans ce cas de figure, comme le déplore Guy Kangah, un internaute : »On peut certes y puiser les ressources pour affronter certaines situations et des problèmes existentiels, mais on consomme sans vraiment exprimer ses besoins particuliers. C’est à la limite un one man show ».

Si les coachs les plus connus, comme la Burkinabo-congolaise Lady Sonia, mobilisent des centaines de personnes dans des salles à travers des tournées sur le continent, l’aventure n’est pas aussi heureuse pour tous.

« La plupart de ceux qui officient sur Facebook, à la vérité n’ont pas de cabinet, ni d’organisation professionnelle », révèle Jean-François Yoman, président de la commission éthique et intégration de l’Association des coachs professionnels de Côte d’Ivoire, mise en place à la mi-janvier.

Leur « stratégie » va donc consister à « créer de l’audience et dans cette audience susciter de l’intérêt » afin que cela se traduise en « demandes en coaching » par des personnes qui ont « besoin de se faire accompagner », explique M. Yoman, coach depuis 12 ans.

L’amour, sujet favoriDans cet univers professionnel, ceux dont l'audience est la plus forte sur la toile, sont les Love coachs, "spécialisés" dans les sujets en lien avec la vie amoureuse, le célibat, le mariage, sous tous les angles envisageables. Ces sujets passionnent, et, bien maîtrisés, permettent de fidéliser et faire progresser l'audience. "Les conseils de mon coach m'apportent beaucoup, surtout mon comportement vis-à-vis de l'homme, la gestion de la belle-famille, la gestion d'un enfant né avant une nouvelle union", témoigne Marina Koffi, la trentaine révolue, abonnée à une page dédiée au développement personnel. "L'amour est le sujet qui marche le plus, c'est le sujet de la société", indique M. Yoman, regrettant l'amalgame entre les conseillers et les coachs: "Un coach n'est pas une personne qui donne des conseils. C'est celui qui, au moyen d'un questionnement va aider à trouver des réponses précises à une situation." Seulement deux cabinets de coaching en Afrique
Selon Jean-François Yoman, il n’existe que deux représentations de la Haute école de coaching de Paris en Afrique, notamment au Maroc et en Algérie, ajoutant que « la plupart des écoles qui forment en coaching sont basées en France, en Suisse, au Canada et aux Etats-Unis »

La formation, qui peut se faire à distance, dure « entre un et trois ans par module » et est sanctionnée par une « certification », précise M. Yoman, dont l’association compte une quarantaine de membres exerçant dans divers domaines du coaching sur le territoire ivoirien.

« Des coachs apparaissent presque chaque jour sur internet, des gens se font appeler abusivement coach mais il existe un parcours (…) Nous travaillons à installer en Côte d’Ivoire la première école de coaching qui va former sur place des coachs et donner à ceux qui sont déjà en exercice (…) la possibilité d’avoir une certification en 12 mois », confie-t-il.

MYA

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