Politique

Les groupes parlementaires de l’opposition ivoirienne appellent à la gratuité de la CNI

Le rassemblement a mobilisé au moins 2 000 personnes parmi lesquelles se trouvaient plusieurs proches de Guillaume Soro.

Photo : APA

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire) – Les groupes parlementaires de l’opposition ivoirienne et 24 partis alliés au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ont appelé samedi à la gratuité de la Carte nationale d’identité (CNI), lors d’un meeting à Anono, un quartier de Cocody, cité située dans l’Est d’Abidjan.

« Le RHDP (parti au pouvoir) s’arroge tous les droits au mépris de notre Constitution à travers la décision d’instaurer une Carte nationale d’identité payante », a déclaré la députée Yasmina Ouégnin, porte-parole des groupes parlementaires de l’opposition, le Pdci, Vox Populi et Rassemblement.

Elle a soutenu qu’«il y a là une réelle possibilité d’empêcher une partie substantielle de l’électorat ivoirien de participer aux différents scrutins à venir », notamment à l’élection présidentielle d’octobre 2020 devant consacrer le renouvellement des dirigeants du pays.

Dans ces conditions, dira-t-elle, « ceux et celles qui seront élus demain ne pourront prétendre à une véritable légitimité, car ils auront été choisis seulement par une part infirme des votants », toute chose qui entraîne une « déconnexion entre un peuple et ses dirigeants ».

Ce meeting, le premier tenu par les trois groupes parlementaires de l’opposition et de 24 partis politiques alliés au Pdci ainsi que des organisations de la société civile, sonne le début d’une longue marche, celle « des populations indignées, désabusée et sans papiers», a-t-elle fait savoir.

Pour ces parlementaires de l’opposition ivoirienne, il est venu le temps de la mobilisation car il faut impérativement faire entendre raison au pouvoir qui clame que « l’élection présidentielle de 2020 est déjà fixée, bouclée et gérée».

« Il nous faut donc leur faire entendre raison, à toutes ces personnes qui refusent de respecter les lois régissant notre institution, alors même qu’il ne saurait y avoir de réelle liberté sans loi juste et sans action pertinente pour le bien-être des populations », a poursuivi Mme Yasmina Ouégnin.

« Le peuple de Côte d’Ivoire va leur démontrer que lorsqu’il est question de sa sécurité,  de sa paix, de sa dignité, de sa liberté, de sa stabilité et de sa prospérité, il est capable lui aussi de se lever et de passer en mode fixage, bouclage, calage et gérage », a-t-elle ironisé sous des d’applaudissements.

Dans une motion lue par Yasmina Ouégnin, ces parlementaires estiment que « le peuple est le détenteur ultime du pouvoir et qu’en dépit de tous les obstacles mis sur leur chemin par le régime RHDP, il a le devoir de s’inscrire sur les listes électorales et de participer aux échéances à venir ».

Marius Konan, député mandaté par le Pdci, a soulevé la question de la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI), institution en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire, tout en déplorant que le gouvernement ait « fini les discussions » sur cette réforme.

Le pouvoir « ne peut pas nous imposer une CEI non consensuelle, a-t-il lancé, affirmant que l’opposition veut une réforme profonde de la Commission électorale avec un appel à candidature pour le président et les vice-présidents et non une recomposition des membres de l’institution.

Roger Youan, un acteur de la  société civile, issu de la Coalition ça suffit, a fait un plaidoyer, soulignant que les personnes démunies et vulnérables de la société ne pourraient pas débourser aisément la somme de 5 000 Fcfa pour s’offrir une CNI, qui implique d’autres frais de dossiers.

Quant à Bamba Moriféré, président de Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire, il a dénoncé «une économie nationale mise en coupe réglée », ainsi qu’un « recul de tous les acquis démocratiques » et un « passage en force » avec une CEI conçue sans d’autres partis majeurs de l’opposition.

Ce meeting se tient à deux jours de l’ouverture officielle des travaux de la 45è session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Le rassemblement a mobilisé au moins 2 000 personnes parmi lesquelles se trouvaient plusieurs proches de Guillaume Soro.

Aux côtés des trois groupes parlementaires et des 24 partis politiques alliés au Pdci (ex-allié au pouvoir), étaient présentes des ONG : La Coalition des indignés, l’Alternance citoyenne ivoirienne, la plateforme Tournons la page et la Coalition ça suffit.

Outre, ce meeting tenu à Anono, « nous avons des activités le 15 juillet,  le 23 et nous irons à Agboville (Sud ivoirien) durant le mois d’août », a annoncé la députée Yasmina Ouegnin, tout en laissant entendre : « nous ne cèderons pas, nous continuerons de rester mobilisés ».

AP/ls/APA

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