Présidentielle 2020

La nouvelle composition de la CEI « renforce le recul démocratique », selon un parti proche de Soro

Alain Lobognon-MVCI-guillaume-Soro-politique

L’opposition a quant à elle souhaité « une réforme profonde » allant jusqu’à la refonde du code électoral

Photo : Archives

Abidjan, 04 juillet 2019 – 17H59 GMT [ALERTE INFO] – Le Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d’Ivoire (MVCI, parti proche de Guillaume Soro) a assuré jeudi que la nouvelle composition de la commission électorale indépendante (CEI) dévoilée mercredi par le gouvernement « renforce le recul démocratique » dans le pays, dans un communiqué transmis à ALERTE INFO.

« La proposition du gouvernement (…), de par sa composition, renforce le recul démocratique en Côte d’Ivoire. C’est malheureusement une autre forfaiture dont notre pays aurait pu se passer », indique la note signée du porte-parole Alain Lobognon.

Mercredi, le gouvernement a dévoilé la nouvelle composition de la CEI avec 15 membres pour la commission centrale contre 17 dans l’ancienne, 7 pour le bureau et 7 pour chacunes des commissions locales.

Selon le nouveau format de cette institution qui intervient cinq mois après le début des discutions avec les partis politiques et la société civile, la commisson centrale comprend désormais « 1 représentant du président de la république, 1 représentant du ministre de l’Intérieur, 6 de la société civil (1 pour le barreau, 1 pour la commission nationale des droits de l’Homme, 4 des ONG), 1 du conseil supérieure de la magistrature, 3 des partis au pouvoir et 3 des partis de l’opposition ».

Pour le MVCI, « au lieu de se satisfaire d’une recomposition avec à la clef, une distribution de postes entre représentants du pouvoir RHDP et sympathisants en quête de postes pécuniaires, le gouvernement aurait dû prendre en compte le désir national de doter la Côte d’Ivoire d’une instance électorale réellement indépendante, afin de mettre fin à toutes formes de suspicions relativement à la volonté du parti au pouvoir de manœuvrer pour confisquer le pouvoir d’Etat ».

Ce parti qui dit avoir « été rejeté du dialogue autour » de la CEI, demande « à l’opinion nationale et internationale (de) rester à l’écoute des débats à l’Assemblée nationale où l’opposition parlementaire devra défendre un projet différent de la trouvaille du gouvernement ».

Lire aussi :
Boni Claverie juge « inenvisageable la tenue » de la présidentielle de 2020

Dans son arrêt du 18 novembre 2016, la Cour africaine des droits de l’homme a ordonné à l’Etat de Côte d’Ivoire de « modifier la loi (…) relative à la Commission électorale indépendante pour la rendre conforme aux instruments » internationaux, après avoir « conclu que (sa) composition (…) est déséquilibrée en faveur du pouvoir ».

Ainsi, sur instruction du chef de l’Etat Alassane Ouattara, le premier ministre Amadou Gnon Coulibaly avait entamé en le 21 janvier les consultations suivies de rencontres avec les principaux partis politiques et la société civile pour « une recomposition » de la commission chargée d’organiser les élections.

L’opposition a quant à elle souhaité « une réforme profonde » allant jusqu’à la refonde du code électoral.

« Le MVCI invite le gouvernement à manifester une réelle volonté politique tendant à doter effectivement la Côte d’Ivoire d’une nouvelle commission électorale qui tirera sa légitimité d’un nouveau code électoral conforme à la lettre et à l’esprit de la Constitution de la Troisième République », conclut la note.

EMA

Commentaires
Haut