Burkina Faso

Une ONG dénonce des «exécutions sommaires de présumés terroristes»

Selon les témoignages, les victimes «recensées ont été sommairement exécutées»

Photo : APA

APA-Ouagadougou (Burkina Faso) De notre correspondant : Alban Kini – Le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), à travers une déclaration parvenue à APA jeudi, dénonce «des exécutions sommaires et extrajudiciaires de présumés terroristes» menées par les Forces de défenses et de sécurité (FDS) dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

«Tout en condamnant à nouveau les attaques terroristes barbares qui endeuillent nos populations et en particuliers la grande famille de nos forces de défense et de sécurité, nous tirons tout autant à nouveau, la sonnette d’alarme et condamnons la pratique des exécutions sommaires et extrajudiciaires», peut-on lire dans la déclaration du MBDHP.

Le document signé du président du Mouvement, Chrysogone Zougmoré, fait observer que ces exécutions sommaires «ouvrent la voie à toutes les dérives, pouvant aller à de règlements de compte et des assassinats planifiés et ciblés à grande échelle d’honnêtes citoyens».

M. Zougmoré rappelle qu’un communiqué de l’Etat-major général des armées du 4 février dernier informait l’opinion publique d’une attaque terroriste produite à Kain dans la nuit du 3 au 4 février 2019, faisant quatorze victimes au sein de la population.

Il ajoute que la même source précisait que les FDS ont entamé des opérations de ratissage dans les départements de Kain, de Banh et Bomoro ayant conduit à la «neutralisation» de 146 présumés terroristes et de légers blessés côté FDS.

«Face à cette situation et à la demande de parents des personnes neutralisées, victimes des opérations de ratissage, le MBDHP a mené une mission d’établissements des faits dans plusieurs localités des départements», confie Chrysogone Zougmoré.

Le président du MBDHP souligne que toutes les informations ont été recueillies et recoupées et confrontées à diverses sources pour aboutir à la rédaction d’un rapport qui retrace les vécus de témoins directs des évènements du 4 février dernier à Kain et environnants.

Ainsi, souligne-t-il, la mission a pu identifier 60 victimes dans les localités de Kain, Sounam, Tiabéwal, Guingui sur les 146 terroristes tués. Selon les témoignages, «toutes les soixante victimes recensées ont été sommairement exécutées», a-t-il indiqué.

Le MBDHP déplore le fait qu’un grand nombre de victimes des opérations anti- terroristes portent des patronymes d’origine peulh, soulignant que cela contribue malheureusement à renforcer un sentiment de stigmatisation de cette communauté.

«Une telle situation revêt de graves dangers pour l’unité nationale et la cohésion sociale qui constituent un défi majeur pour le pays», prévient le premier responsable du mouvement des droits humains.

Le Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a donné, mercredi à Ouagadougou, une conférence de presse au cours de laquelle a été rendu public son rapport sur les exécutions sommaires.

ALK/cat/APA

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