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L’ANP dénonce un procès à charge unilatéral d’Amnesty international à son encontre

Les décisions de l’ANP sont toujours motivées, sur la base des textes régissant la profession

Photo : Archives

Abidjan, 20 fév (AIP) – L’Autorité nationale de la presse (ANP) dénonce « un parti pris notoire », « une manipulation des faits » et « un acharnement » à son encontre dans un procès à charge unilatéral mené par Amnesty international dans son rapport 2018 relatif à l’examen de la situation des droits humains en Côte d’Ivoire sur les cinq dernières années.

Publié le 11 février, le rapport mentionne que le mode de désignation des membres, son organisation et son fonctionnement ne garantissent pas son indépendance et qu’elle aurait tendance à sanctionner « essentiellement » les journaux proches de l’opposition.

« Amnesty international n’a jamais approché l’ANP pour recueillir sa version des faits qui lui étaient reprochés », a vivement protesté, mercredi, le président de l’instance administrative indépendante en charge de la régulation de la presse et des productions d’informations numériques, Raphaël Lakpé, lors d’un point de presse au siège de l’institution à Abidjan-Cocody.

« Il n’est pas juste de faire croire qu’en Côte d’Ivoire, la presse de l’opposition est bâillonnée et réprimée à tout vent (…) et que les pouvoirs publics s’appuient sur deux bras séculiers que sont le Procureur de la République et l’ANP », s’est défendu Raphaël Lakpé, rappelant que plusieurs organes proches du pouvoir, dont Fraternité Matin, Le Patriote, Le Nouveau réveil, La Matinale, l’Essor, ont été sanctionnés à plusieurs reprises.

En présence de la secrétaire générale, Amoikon Sidonie, M. Lakpé a rappelé que les décisions de l’ANP sont toujours motivées, sur la base des textes régissant la profession, qu’elles sont prises, en dernier recours, à l’issue de longues périodes de sensibilisation et qu’elles peuvent faire l’objet de recours auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême.

« Quant à son indépendance, l’ANP s’étonne et rappelle que sur 13 membres, quatre sont issus des pouvoirs publics et les neuf autres des organisations professionnelles du secteur, avec une voix chacun, celle du président étant prépondérante uniquement en cas d’égalité des votes », a expliqué Raphaël Lakpé qui dirige l’institution depuis 2012.

A son avis, ce rapport d’Amnesty international fait le lit de « l’impunité et encourage la médiocrité » dans un contexte où, grâce au soutien du gouvernement, la presse ivoirienne « a amorcé sa maturité (…) loin des graves manquements autrefois constatés ».

« L’ANP continue de travailler en toute indépendance en restant attachée à la mission d’assainissement et de professionnalisation du secteur de la presse en Côte d’Ivoire », a-t-il conclu.

(AIP)

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