Société

Le déclin des insectes entraînera un effondrement de l’écosystème (Etude)

Les chercheurs australiens désignent le bouleversement de leur habitat et le recours aux pesticides de synthèse

Photo : AIP

Abidjan, 11 fev (AIP)- Près de la moitié des espèces d’insectes, maillon indispensables de nombreux écosystèmes comme aux économies, sont en déclin rapide dans le monde entier, alerte une étude publiée lundi et qui met en garde contre un « effondrement catastrophique » des milieux naturels.

« A moins que nous ne changions nos façons de produire nos aliments, sinon les insectes auront pris le chemin de l’extinction en quelques décennies », soulignent les auteurs de ce bilan, synthèse de 73 études qui pointe en particulier le rôle de l’agriculture intensive.

Aujourd’hui, environ un tiers des espèces sont menacées d’extinction et chaque année, environ 1% supplémentaire s’ajoute à la liste, ont calculé Francisco Sanchez-Bayo et Kris Wyckhuys, des universités de Sydney et du Queensland. Ce qui équivaut, notent-ils, au plus massif épisode d’extinction depuis la disparition des dinosaures.

« La proportion d’espèces d’insectes en déclin (41 %) est deux fois plus élevée que celle des vertébrés et le rythme d’extinction des espèces locales (10%) huit fois plus, » soulignent-ils. Quand on parle de perte de biodiversité, le sort des grands animaux capte souvent l’attention. « Or les insectes sont d’une importance vitale pour les écosystèmes planétaires. Un tel événement ne peut pas être ignoré et devrait pousser à agir pour éviter un effondrement qui serait catastrophique des écosystèmes naturels », insistent les scientifiques dans ces conclusions à paraître dans la revue Biological Conservation.

A l’inverse, exemple d’impact de leur disparition, le déclin « vertigineux » des oiseaux des campagnes révélé en France en 2018. « Il n’y a quasiment plus d’insectes, c’est ça le problème numéro un, car même les volatiles granivores ont besoin d’insectes à un moment dans l’année, pour leurs poussins…», expliquait l’un des chercheurs, Vincent Bretagnolle.

A l’origine de la perte des insectes, les chercheurs australiens désignent le bouleversement de leur habitat et le recours aux pesticides de synthèse, au cœur de l’intensification de l’agriculture dans le monde ces soixante dernières années.

L’étude se base notamment sur le cas de l’Europe et des États-Unis où l’on dispose de suivis les plus réguliers. « Mais vu que ces facteurs s’appliquent à tous les pays du monde, les insectes ne devraient pas s’en tirer différemment dans les pays tropicaux et en développement ». A ces raisons, s’ajoutent les agents pathogènes, les espèces invasives, et enfin le changement climatique mais surtout dans les régions tropicales.

(AIP)

tls/cmas

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