Amérique latine

L’ex-président du Brésil de nouveau condamné pour corruption

L’ancien président Lula dénonce un complot pour l’empêcher de se représenter

Photo : AIP

Abidjan, 07 fev (AIP)- L’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), a été condamné pour corruption, à 12 ans et 11 mois de prison mercredi, alors qu’il purge déjà une peine de 12 ans et un mois depuis avril 2018, pour le même motif.

Les deux condamnations, qui devraient se cumuler, ont été prononcées dans le cadre de l’enquête tentaculaire “Lavage express”, qui a dévoilé un vaste réseau de trucage systématique des marchés publics par des entreprises du bâtiment ayant graissé la patte d’hommes politiques du tout bord. Lula a toujours clamé son innocence, mais la juge Gabrielle Hard l’a condamné à 12 ans et 11 mois de réclusion pour corruption et blanchiment.

La nouvelle condamnation porte sur des travaux de rénovation financés par deux groupes de BTP pour le compte de l’ex-président dans une propriété rurale à Atibaia, dans l’Etat de Sao Paulo (sud-est). Ces travaux auraient été effectués en échange de contrats avec le groupe étatique pétrolier Petrobras. D’après les enquêteurs, le montant de cette rénovation s’élève à plus d’un million de réais (environ 237 000 euros).

L’ex-président a toujours réfuté ces accusations, assurant que la ferme d’Atibaia ne lui appartenait pas et qu’elle était enregistrée au nom d’un de ses proches, Fernando Bittar.

“C’est un fait que la famille de l’ex-président Lula fréquentait cette ferme de façon assidue, comme si elle en était la propriétaire. En 2014, Fernando Bittar a affirmé que sa famille ne la fréquentait plus avec la même assiduité, et qu’elle était davantage utilisée par la famille de Lula”, a expliqué la magistrate. “L’accusé a reçu des avantages indus en raison de sa fonction de président de la République, dont on exige un comportement exemplaire”, a-t-elle ajouté.

La juge a repris en main les dossiers de “Lavage express” en fin d’année dernière, après que le juge emblématique Sergio Moro a été nommé ministre de la Justice du président d’extrême droite Jair Bolsonaro. En juillet 2017, c’est Sergio Moro qui avait condamné Lula en première instance, à neuf ans et six mois de réclusion, une peine alourdie en appel, en janvier 2018, à 12 ans et un mois. Cette première affaire portait sur un appartement en bord de mer que Lula aurait reçu en guise de pot de vin de la part du groupe de BTP OAS, également en échange de faveurs pour l’obtention de marchés publics liés à Petrobras.

Également mis en cause dans une demi-douzaine d’autres dossiers, Lula se dit victime d’un complot pour l’empêcher de revenir au pouvoir. Il a longtemps été donné favori de la présidentielle d’octobre dernier, avant d’être déclaré inéligible un mois avant. Gleisi Hoffmann, présidente du Parti des Travailleurs (PT), fondé par l’ex-président de gauche dans les années 80, a déclaré que “la persécution de Lula continue. Dans la mémoire du peuple, il sera toujours plus grand que ses bourreaux”, a-t-elle ajouté.

(AIP)

tls/tm

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