Société

L’APDH présente les conclusions d’une étude sur le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire

Cette étude sur le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire a été financée par Konrad Adenauer-Stiftung (KAS)

Photo : AIP

Abidjan, 11 jan (AIP)- Le président de l’Action pour la protection des droits de l’homme en Côte d’Ivoire (APDH), Dr Arsène Désiré Néné Bi, a présenté jeudi à Abidjan, les conclusions d’une étude sur le processus de réconciliation nationale en présence notamment du représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer, Florian Karner, et de l’ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo.

Selon Dr Néné Bi, cette étude qui a pour but de soumettre le processus de réconciliation nationale à l’évaluation des populations à travers 12 critères, a été rédigée sur une période de 18 mois et a mobilisé une équipe pluridisciplinaire de 50 personnes dans les chefs-lieux de régions de la Côte d’Ivoire.

Ces critères concernent la volonté politique d’aller à la réconciliation, l’établissement de la vérité, l’autorité de l’Etat et la sécurité des biens et des personnes, la justice nationale et internationale, la parole publique des leaders politiques, le dialogue, la réforme des lois confligènes, l’accès équitable à l’administration et aux emplois publics, un processus électoral équitable et transparent, le pardon, la coexistence pacifique des communautés et l’identification équitable des victimes.

Il a indiqué qu’à l’issue de cette étude dont les différents critères ont reçu des notes dans un tableau avec une moyenne générale de 7. 31 sur 20 sur un échantillon de 1290 personnes réparties sur le territoire national, pour 41% des personnes consultées, le gouvernement semble ne pas avoir la volonté à la réconciliation, ou, à tout le moins, même si des initiatives publiques existent, elles ne semblent peut-être pas suffisamment volontaristes pour engager le pays sur la voie d’une réconciliation et d’une paix durable.

Quant aux actions menées par rapport à la volonté d’aller à la réconciliation, 55% des personnes interrogées dans la région du Bas-Sassandra estiment que rien n’a été fait. Cette position a été également partagée par 54, 1% des populations du Loh Djiboua ainsi que 50% des populations des régions des Grands Ponts.

En revanche, pour 48% des populations de l’Agneby-Tiassa interrogées, l’action politique de réconciliation portée par l’Etat est significative tant en quantité qu’en qualité. Pour elles, beaucoup a été fait pour la réconciliation depuis 2011, et au niveau politique et institutionnel, les initiatives n’ont pas manqué mais elles semblent n’avoir pas été efficaces.

L’APDH recommande donc au gouvernement de prendre une loi sur la réconciliation nationale qui définit le cadre et les mesures de nature à impulser la réconciliation nationale, de soutenir la réconciliation nationale par la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale pour faire face au défi de la reconstruction post-crise, de renforcer et légaliser le cadre de discussion permanent avec l’opposition, de communiquer mieux sur les initiatives prises par le gouvernement et qui montrent sa volonté de réconcilier et d’ouvrir l’espace audiovisuel à l’ensemble des courants de pensée afin d’assurer la liberté d’expression à tous.

L’organisation recommande aux partis politiques de s’engager dans la voie du dialogue entre acteurs politiques en vue de contribuer véritablement à l’apaisement du climat politique. Aux partenaires, il est demandé d’encourager les partis politiques et le gouvernement à un véritable dialogue inclusif de toutes les forces politiques sans exclusion, et de soutenir la société civile dans son mandat de contrôle citoyen en vue d’aboutir à des réformes profondes du cadre juridique et institutionnel de la vie politique.

Cette étude sur le processus de réconciliation nationale en Côte d’Ivoire a été financée par Konrad Adenauer-Stiftung (KAS), une fondation politique proche de l’Union chrétienne démocrate d’Allemagne, installée en Côte d’Ivoire depuis le 02 décembre 2015.

La présentation des conclusions de l’étude sur le processus de réconciliation nationale a été suivie d’un panel.

(AIP)

sdaf/cmas

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