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Retro 2018 : L’actualité internationale marquée par la réconciliation entre les deux Corées et les cris d’alerte sur le climat

Le 27 avril, les présidents des deux Corées Kim Jong-un et Moo Jae-in se sont rencontrés dans la zone démilitarisée entre les deux États

Photo : d'archives

Abidjan, 3 jan (AIP) – L’actualité internationale de l’année 2018 a été marquée entre autres par la réconciliation entre les deux Corées,  le rapport du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec), qui a tiré la sonnette d’alarme sur les nombreux impacts du réchauffement climatique, l’affaire Skripal et des scandales qui ont secoué le quinquennat de Macron.

Réchauffement et paix retrouvée entre les deux Corées

Le 27 avril, les présidents des deux Corées Kim Jong-un et Moo Jae-in se sont rencontrés dans la zone démilitarisée entre les deux États, et se sont donné une poignée de main historique qui marque le début d’un rapprochement sans précédent.

Les Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang, en Corée du Sud, ont été marqués par la participation de la Corée du Nord et le réchauffement entre les deux ennemies de la péninsule coréenne.

Les deux hommes ont promis un traité de paix pour la fin de l’année et le président américain Donald Trump est partie prenante. Celui qui avait marqué 2017 par son aversion pour le dictateur nord-coréen le rencontre à Singapour le 12 juin. Une première depuis la fin de la guerre de Corée, en 1953. Lors du sommet, Kim Jong-un s’engage notamment à la “dénucléarisation complète de la péninsule coréenne” en échange de garanties de sécurité de la part de Donald Trump.

L’alerte au réchauffement climatique donné par des experts en 2018

Le rapport de 400 pages du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec), publié le 8 octobre, tire la sonnette d’alarme sur les nombreux impacts du réchauffement climatique. Le monde devra engager des transformations “rapides” et “sans précédent” pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici à 2030, soulignent les experts de l’ONU, mettant en garde contre des risques accrus au-delà de ce seuil.

Une année où la canicule a atteint des pics historiques et de nombreuses catastrophes

2018 a été une autre année exceptionnelle en France. L’été météorologique, qui s’étend du 1er juin au 31 août, est le deuxième été le plus chaud depuis le début des relevés en 1900, selon le dernier bilan provisoire de Météo France, publié mardi 28 août. La température moyenne a été “supérieure à la normale de près de 2°C, plaçant 2018 au second rang des étés les plus chauds”, annonce l’institut météorologique.

Le nombre de catastrophes naturelles a été multiplié par quatre depuis les années 1970, selon la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), qui pointe du doigt les effets du réchauffement climatique.

Les Philippines dévastées par Mangkhut, mi-septembre. Un super typhon, nommé Mangkhut, s’abat à la mi-septembre sur le nord des Philippines et déverse des trombes d’eau sur Luçon, l’île la plus peuplée de l’archipel. Cumulant plus de 100 morts, il est considéré comme la tempête la plus puissante du monde depuis le début de l’année.

Le 28 septembre, la ville indonésienne de Palu, située sur l’île des Célèbes, est détruite par un tremblement de terre de magnitude 7,5 sur l’échelle de Richter (dont le maximum est 9). Les dégâts causés par le séisme sont amplifiés par un raz de marée provoqué par les secousses. Au total, 2200 personnes perdent la vie. Près de 220.000 habitants sont déplacés et souffrent d’un manque d’eau potable et de ressources alimentaires.

Les inondations et glissements de terrain dans l’ouest du Japon en juillet 2018 ont tué plus de 200 personnes dont le lourd bilan a été considéré comme la plus grave catastrophe météorologique qu’a connue le pays depuis 1982.

En France, le département de l’Aude reçoit dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 octobre l’équivalent de trois mois de pluies en quelques heures, les pires précipitations localement depuis 1891. Les inondations et les coulées de boue entraînent la mort de 14 personnes.

La ville californienne de Paradise est réduite en cendres en l’espace de quelques heures lorsque l’incendie «Camp Fire» se déclare le 8 novembre dernier, laissant sur son passage un total de 85 victimes, d’après un bilan revu à la baisse. 60.000 hectares sont détruits. Les épaisses fumées sont ressenties jusqu’à San Francisco, à 240 kilomètres de là.

Mobilisation autour de l’accord de Paris

Trois ans après la signature de l’accord de Paris à la COP 21, le rapport a eu un écho particulier dans le monde. En France, le 8 septembre, la première Marche pour le climat rassemble des dizaines de milliers de personnes dans tout le pays. Une pétition en ligne lancée le 18 décembre pour appeler à soutenir une action en justice contre l ‘État français “pour qu’il respecte ses engagements climatiques” réunit près de deux millions de signatures.

Plusieurs affaires d’espionnage marquées par l’affaire Khashoggi

La disparition du journaliste et opposant saoudien Jamal Khashoggi, le 2 octobre au consulat saoudien d’Istanbul, a considérablement assombri l’image de Riyad à l’étranger et plus particulièrement celle de son homme fort, le prince héritier Mohamed ben Salmane (MBS).

Exilé depuis 2017 aux États-Unis où il chroniquait pour le Washington Post, Jamal Khashoggi, ancien proche de la famille royale devenu critique du régime, n’est jamais ressorti du consulat où il s’était rendu pour des démarches administratives. Face au tollé et aux révélations de la presse turque distillées par le régime de Recep Tayip Erdogan, Riyad a fini par concéder que le journaliste a été assassiné par des Saoudiens dans le bâtiment, tout en clamant l’innocence de MBS.

Une autre affaire, le 4 mars, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients devant un centre commercial de Salisbury (sud de l’Angleterre). Ils sont hospitalisés dans un état grave, ainsi que le premier policier à être entré en contact avec eux.

Skripal a été emprisonné pour avoir vendu des informations aux services de renseignement britannique. Il fait partie d’un échange d’espions entre Moscou, Washington et Londres en 2010, lui permettant de se réfugier en Angleterre.

Le 14 mars, Londres juge la Russie « coupable » et, en représailles, expulse 23 diplomates russes (sur 59 présents au Royaume-Uni), gèle les contacts avec Moscou et annonce qu’aucun membre de la famille royale ou du gouvernement n’ira à la Coupe du monde de football en Russie (14 juin-15 juillet). Moscou en réponse a annoncé l’expulsion de 23 diplomates britanniques et l’arrêt des activités du British Council en Russie, après avoir convoqué l’ambassadeur britannique, à la veille de la présidentielle russe qui devrait aboutir à la réélection de Vladimir Poutine.

Crise des gilets jaunes et l’affaire Bennalla en France

Dès la fin octobre, à la suite d’appels à manifester d’une ampleur inédite sur les réseaux sociaux, des centaines de milliers d’internautes se mobilisent en France, initialement contre la taxe sur le carburant. Les griefs s’élargissent ensuite à la baisse générale du pouvoir d’achat ou la suppression par le gouvernement de l’impôt sur la fortune. À partir du 17 novembre, plus de 280 000 personnes arborant des gilets jaunes, symbole de la protestation, entament des blocages de routes, ronds-points et péages sur tout le territoire. Non structuré, le mouvement qui reprend ses actions tous les samedis surprend le gouvernement par son ampleur.

Alexandre Benalla, chargé de mission et conseiller d’Emmanuel Macron, a été à l’origine de la première grande crise politique du quinquennat. Filmé lors des manifestations du 1er mai en train de frapper un jeune homme, alors qu’il avait été envoyé en mission d’observation et n‘était pas censé intervenir, a déclenché un scandale d’ampleur nationale.

Mis à pied après les faits pendant quinze jours et rétrogradé, aucune poursuite n’est enclenchée contre lui. Mais le 19 juillet, après des révélations du Monde, une enquête préliminaire est ouverte, et l’Élysée le licencie.

Le prix Nobel de la paix décerné au gynécologue congolais Denis Mukwege

La remise du prix Nobel de la paix au gynécologue congolais Denis Mukwege, le 10 décembre à Oslo, a permis d’interpeller la communauté internationale pour réclamer la fin de l’impunité pour les auteurs de violences sexuelles en temps de guerre.

Surnommé “l’homme qui répare les femmes”, le docteur de 63 ans soigne depuis deux décennies les victimes de violences sexuelles dans son hôpital de Panzi, dans l’est de la République démocratique du Congo, une région déchirée par des violences chroniques. “Ce ne sont pas seulement les auteurs de violences qui sont responsables de leurs crimes, mais aussi ceux qui choisissent de détourner le regard”, a-t-il affirmé.

Ce prix a été décerné conjointement à Denis Mukwege et Nadia Murad pour leurs efforts pour mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre.

Crise de migrants sans précédent en Amérique du Sud

Au début du mois d’octobre, des milliers de Honduriens quittent leur pays pour rejoindre le Mexique et les États-Unis. Ils traversent le Salvador et le Guatemala où d’autres migrants grossissent les rangs de la caravane. Les trois pays, parmi les plus meurtriers au monde, avec un taux de morts violentes extrêmement élevés, sont aussi très pauvres.

Après avoir parcouru plus de 4 000 kilomètres en un peu plus d’un mois, les quelques 6 000 migrants se retrouvent bloqués à la frontière américaine, notamment dans la ville mexicaine de Tijuana. De l’autre côté, des milliers de soldats américains ont été déployés par le président Donald Trump pour leur faire barrage. Fin novembre, les forces de l’ordre repoussent 500 migrants qui tentent de traverser le mur frontalier, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

Face à l’impossibilité de traverser, plus de 3 000 migrants se sont dispersé dans Tijuana, et certains ont demandé des visas humanitaires aux autorités mexicaines, tandis que d’autres sont logés dans des conditions difficiles à proximité de la frontière.

En Afrique, en 2018, l’actualité a été marquée, des élections,  par l’activisme des groupes terroristes

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Le président élu de Madagascar, Andry Rajoelina

Le bal des élections a été ouvert en Egypte en mars où Abdel Fattah al-Sissi a été reconduit sans surprise à la tête du pays avec plus de 90% des voix, après une élection présidentielle marquée par une participation frileuse d’environ 40%. En juillet, Emmerson Mnangagwa a élu à la tête du Zimbabwé, Paul Biya réélu en octobre pour un septième mandat au Cameroun. Au Madagascar, c’est l’ex-chef d’Etat Andry Rajoelina qui a repris les rênes du pouvoir après avoir battu son rival Marc Ravalomana, au second tour en décembre. En République Démocratique du Congo, les populations sont en attente des résultats de la présidentielle tenue le 30 décembre.

L’activisme des terroristes a été symbolisé par une attaque terroriste qui a coûté la vie à quatre soldats français de la force « Barkhane » et fait 23 blessés parmi les civils en juillet à Gao, au Mali.

Au Burkina, ce sont au moins huit civils qui ont été tués dans la nuit du 14 au 15 septembre dans une attaque visant Diabiga (60 km de Pama) et Kompienbiga (15 kilomètres de Pama) relevant de la province de Kompienga, région de l’Est.

Soixante-dix-neuf élèves ont été enlevés en novembre au Nord-Ouest du Cameroun à Bamenda, la veille de la prestation de serment du président camerounais, Paul Biya. C’est le plus important kidnapping dans cette zone anglophone depuis le début du conflit avec des séparatistes armés.

(AIP)

kam

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