Culture

Le masque Dan, facteur de réconciliation et de cohésion sociale

Gba Daouda - culture Dan - Nihidaley

Le sociologue Gba Daouda lors du colloque à Man

Photo : AIP

Man, 05 déc (AIP)- Le masque Dan (chez les peuples autochtones Yacouba et Toura) a été défini comme facteur de réconciliation et de cohésion sociale lors d’un colloque organisé, lundi et mardi à Man, en marge du festival Nihidaley des arts et culture du Tonkpi qui prend fin le 10 décembre.

Lors de cette rencontre, le sociologue-chercheur, Gba Daouda, a fait savoir que la réconciliation est d’abord et avant tout le rétablissement de l’amitié entre personnes brouillées et également l’acte par lequel, des familles, des peuples ou des pays se réconciliant, abolissent des injures, des blessures, des meurtres.

Et quant à la cohésion sociale, elle se définit, selon lui, comme un processus qui tend à renforcer l’intensité des relations sociales qui existent entre les membres d’une société donnée.

Relevant qu’en pays Dan «le masque a, de tout temps, été l’élément central et le plus important facteur de réconciliation, de cohésion sociale et de paix », il a indiqué que sur le plan culturel ce dernier est dépositaire du savoir, guide, éducateur et protecteur de la société humaine.

Ainsi l’une des stratégies « efficaces » utilisées par les masques Dan pour réconcilier deux entités belligérantes, consiste à aller, après un jugement au delà du verdict, pour rétablir entre elles, une relation gagnant-gagnant , a souligné l’universitaire.

Dans cette stratégie a-t-il expliqué, le masque lie les parties belligérantes par des pactes de non-agression et les alliances qui unissent leurs ancêtres. « L’évocation de ces liens ancestraux amène toujours les parties belligérantes à accepter le pardon, à fraterniser dans l’amour, à accepter de porter le rameau et de se badigeonner le corps avec du kaolin, toutes choses qui constituent, en pays Dan, des signes de vraie paix », a expliqué le conférencier.

Fort de ce constat, il a demandé aux élus et cadres de la région du Tonkpi de prolonger les actions des masques en apportant leurs indispensables concours à la paix entre Dan eux-mêmes d’abord, et entre Dan et toutes les populations vivant sur leur sol.

«C’est aussi le lieu d’interpeller les gouvernants pour qu’ils s’inspirent à l’échelle nationale de la sagesse et de l’approche stratégique des masques Dan, dans la résolution des crises et conflits », a conclu Gba Daouda.

(AIP)

amak/ask

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