Asie

La dirigeante birmane Aung San Suu Kyi déchue de son prix d’« ambassadrice de conscience » par Amnesty International

Birmanie - Aung San Suu Kyi

« Nous devons rester forts face à la pression internationale », a déclaré Myo Nyut, porte-parole du parti LND

Photo : AIP

Abidjan, 13 nov (AIP)- L’organisation non gouvernementale (ONG) Amnesty International a décidé de retirer lundi le prix d’« ambassadrice de conscience » qui avait été attribué en 2009 à la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, estimant qu’elle a “trahi les valeurs qu’elle défendait autrefois”.

« En tant qu’ambassadrice de conscience d’Amnesty International, nous espérions que vous utiliseriez votre autorité morale pour dénoncer l’injustice partout où vous la verriez, même en Birmanie. Nous sommes consternés de constater que vous ne représentez plus un symbole d’espoir, de courage et de défense indéfectible des droits de l’homme. Nous vous retirons donc ce prix avec une profonde tristesse», a écrit Kumi Naidoo, le secrétaire général de l’ONG, dans un courrier adressé à Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix en 1991.

L’ONG entend dénoncer ainsi les « multiples violations des droits de l’homme » observées en Birmanie depuis l’arrivée de la dirigeante à la tête du gouvernement en 2016. C’est notamment le cas sur la question de la minorité des Rohingya, dont plus de 700 000 ont dû fuir l’année dernière les exactions commises par des militaires birmans et se réfugier au Bangladesh. Aussi , en septembre, deux reporters birmans de l’agence de presse Reuters, accusés d’« atteinte au secret d’Etat » pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingya par l’armée, ont été condamnés à sept ans de prison. Ils ont fait appel. Pour Mme Suu Kyi, les deux journalistes ont « enfreint la loi » en enquêtant.

Aung San Suu Kyi avait été nommée ambassadrice de conscience d’Amnesty en reconnaissance de sa lutte pacifique et non violente pour la démocratie et les droits humains. Elle vivait à l’époque assignée à résidence, sous la surveillance de la junte militaire.

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Le parti de la dirigeante birmane a vivement contesté le retrait de ce prix. « Nous devons rester forts face à la pression internationale », a déclaré Myo Nyut, porte-parole du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Ce n’est pas le premier prix qu’Aung San Suu Kyi se voit retiré. En août, la ville d’Edimbourg, en Ecosse, avait retiré son prix de la liberté à la dirigeante birmane en raison de son refus de condamner les violences contre les Rohingya. Et en mars, c’est le Musée de l’Holocauste de Washington qui l’a déchue d’un prix décerné pour son combat contre la dictature et en faveur des libertés.
(AIP)

tls/ask

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