Hévéa

Le COP-Hévéa exhorte l’Etat ivoirien à inciter à la création d’unités de transformation du caoutchouc

COP-Hévéa - agriculture - caoutchouc

« L’exportation des fonds de tasse ne doit pas constituer la norme », a insisté le président du COP-Hévéa

Photo : AIP

Abidjan, 05 oct (AIP) – Face à la mévente du caoutchouc qui s’est accentuée ces trois derniers mois à cause de diverses contingences, le Collectif des organisations professionnelles agricoles de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (COP-Hévéa) invite l’Etat à prendre des mesures incitatives à la mise en place d’unités de transformation locale.

Lors d’une conférence de presse organisée vendredi à la Maison de la Presse d’Abidjan, le président du COP-Hévéa, Koblavi-Dibi Michel a souligné que ces mesures devraient concerner notamment la levée de la taxe de 5% appliquée sur le chiffre d’affaires des unités industrielles et la révision de la fiscalité au niveau de l’hévéaculture.

« L’exportation des fonds de tasse ne doit pas constituer la norme », a insisté le président du COP-Hévéa, sollicitant l’installation d’une dizaine d’unités de transformation dans tous les 18 secteurs hévéicoles que compte le pays, afin de résorber la production non vendue.

Evoquant en outre les causes de la mévente des fonds de tasse, M. Koblavi-Dibi a pointé du doigt la capacité d’usinage des unités de transformation. Celle-ci est de l’ordre de 500 000 T/an pour les 19 usines implantés à travers le pays, pour une production estimée cette année à 720 000 T, avec une projection d’un million de tonnes en 2020.

S’y ajoute la non réglementation de l’exportation qui a occasionné un arrêt total de l’exportation dû au refus des armateurs d’embarquer les fonds de tasse humides sur leurs bateaux. L’engorgement des usines et à l’arrêt des exportations a donc provoqué un excédent de la production.

Cette situation a entraîné des désagréments dont la floraison d’acheteurs véreux qui négocient les prix en deçà de ceux fixés par l’APROMAC (266 FCFA/kg en septembre, 260 F/kg en octobre 2018), la fermeture intempestive des ponts bascules, l’apparition de nouvelles taxes (frais de transfert), la prolongation des délais de paiement, la catégorisation des producteurs et l’imposition de quotas journaliers sur les ponts bascules.

Toutefois, des solutions ont été trouvées grâce à l’implication du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Celles-ci concernent l’adoption de nouvelles méthodes de conditionnement pour les containers, induisant l’accord de principe donné par les armateurs pour reprendre les exportations. En plus, le quota d’exportation auparavant fixé à 10 000 T/mois (soit 100 000T/an) sera porté à 30 000 T/mois, pour que toute la production non usinée puisse être vendue. COP-Hévéa continue les discutions avec les usiniers pour revoir le délai de paiement.

La mise en place, en 2009, du Fonds de développement de l’hévéa (FDH) a permis de démocratiser l’accès à la filière, ce qui a permis de passer de 30 000 producteurs en 2007 à 170 000 planteurs recensés en 2017. La production nationale est assurée par 85% de plantations villageoises.

(AIP)

cmas

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