Société

Des dispositions prises pour le développement des communautés minières en Guinée et en Côte d’Ivoire

Abidjan, 08 août (AIP) – Avec un chiffre d’affaires de 1,02 milliard de dollars, soit 539 milliards de francs CFAen 2017, le secteur minier ivoirien occupe une place prépondérante dans l’économie. Cette production minière, semble s’intensifier, grâce à un arsenal législatif adopté en 2014 en Côte d’Ivoire.

La Guinée, avec les plus grandes réserves de bauxite au monde, le cinquième producteur mondial de ce minerai n’est pas à la traine, avec son code minier de 2013. Ces lois prennent en compte les besoins de développement des localités minières. Une allocation de 0,5 % est requise sur le chiffre d’affaires des entreprises minières par l’entremise des Comités locaux de développement (CDLM) en Côte d’Ivoire et la création d’un Fonds de développement économique local (FODEL) en Guinée depuis 2017.

Les CDLM veillent, tels que énoncé dans l’article 121 du code ivoirien de 2014, à garantir le respect, la protection et la mise en œuvre des droits humains et des droits des communautés locales affectées par l’exploitation minière..

En Guinée, le FODEL a été mis en place depuis Octobre 2017, sur la base de l’article 130 du code minier de 2013. Cette disposition réglementaire prévoit d’assurer des retombées des activités minières pour les communautés riveraines pour leur développement local. Le montant de cette contribution est fixé à 0,5% du chiffre d’affaires de la société réalisé sur le titre minier de la zone pour les substances minières de catégorie 1 et 1% pour les autres substances minières.

Interrogé par l’AIP, le nouveau président du Groupement professionnels des miniers de Côte d’Ivoire (GPM-CI), Ibrahima Kanso saluent ces indications, qui rapprochent les exploitants des mines des communautés résidentes.

Des projets de développement mis en œuvre en Côte d’Ivoire qu’en Guinée. Le CDLM de la société minière Agbaou Gold Operations a permis notamment, aux villages d’Agbahou, Douaville, Zaroko, Zégo et Daako de bénéficier des écoles, des maternités et des centres de santé. Cent vingt personnes du village d’Agbaou peuvent se valoir de formations dans un institut agropastoral à Bingerville et à Jacqueville.

A Hiré, le CDLM de la société minière Newcrest, filiale du minier australien Newcrest, a débloqué en 2016 une enveloppe de 143,4 millions FCFA (soit près de 244 mille dollars $) pour financer des projets de développement au profit des populations riveraines. Au total, ce sont environ 167 millions FCFA qui ont été ainsi injectés dans le développement de ces localités.

Un montant de 8,5 millions FCFA alloués par la Société ivoire manganèse, exploitant la mine de manganèse de Kaniasso, a permis des projets notables dans cette localité. Quant à Bondoukou, 57 millions de francs CFA ont été déjà investis depuis 2013 dans la réalisation de nombreuses infrastructures dans les 14 villages impactés, à Bondoukou pour construire des plateformes, des marchés, des classes et des bâtiments de logement des enseignants.

Les CDLM de Touba et de la mine de nickel de Foungbesso, Moyango et Viala des départements de Touba et Biankouma, entre autres, sont fonctionnels avec des projets notables. En somme, la volonté politique est suivie d’actions locales. En Guinée, en particulier, ces comités de développement existent mais étaient non fonctionnels depuis 2017.

A l’analyse, des améliorations sont exigées dans le mode de fonctionnement des CDLM en Côte d’Ivoire. « Nous souhaitons que la société civile notamment notre mutuelle de développement, la mairie et le ministère de l’Economie et des Finances aient des représentants dans le CDLM, afin de garantir les intérêts de toutes les parties concernées », avait déclaré le président de la mutuelle de Hiré, Dago Célestin, au terme d’un séminaire de réflexion sur « besoin de développement et exploitation minière », dans sa région, en décembre 2017 à l’AIP.

Des responsables communautaires veulent ainsi l’intégration des représentants des cadres des localités impactées et la création des conseils d’administration devant qui les présidents rendraient compte. De facto, le poste de président ne devrait plus être réservé uniquement comme prévu par la loi, au préfet mais à une personnalité que les populations n’auraient pas trop de mal à poursuivre en justice en cas de manquement. Transparence oblige, selon ceux-ci.

Sur la transparence dans la gestion des fonds, Simi Appolline Telle de l’ONG SEEMI, interrogée par l’AIP, s’indignait le 26 mai dernier, de l’utilisation des fonds dans le cas du village de Doukoudou. « C’est anormal qu’une mine soit électrifiée et que le village voisin ne bénéficie pas d’installations électriques. C’est anormal! », avait-elle décrié. Doukoudou, situé à 5 kilomètres de la mine de Lauzoua, dans la localité de Guitry, est privé de courant électrique.

Pour le directeur exécutif de l’ONG Action-Mines Guinée, Amadou Bah, les sociétés minières s’acquittent bien de leurs cotisations, c’est l’orientation, l’utilisation de l’argent payé qui fait défaut parfois. “ On fait des réalisations qui ne sont pas de bonne qualité, surfacturées ou qui ne répondent pas aux besoins des communautés », avait-il dit.

(AIP)

nmfa/fmo

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