Santé

Les mille premiers jours de vie, une opportunité pour développer la croissance chez l’enfant

Photo : AIP

Yamoussoukro, 16 juil (AIP)- Le Docteur Danielle Biéni du Programme national de nutrition (PNN) a indiqué samedi lors d’un symposium à Yamoussoukro que les 1000 premiers jours de vie sont une période d’opportunité pour donner le meilleur départ possible de croissance à chaque enfant.

« Si nous changeons le début de la vie, nous changeons toute la vie! », a fait remarquer Dr Biéni, à l’occasion de la 19è édition des Journées scientifiques (JSS 2018) du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé en Côte d’Ivoire (SYNACASS-CI) portant sur le thème « Santé maternelle et infantile ».

La spécialiste de la santé en charge de la promotion de l’alimentation de la mère, du nourrisson et de la jeune enfance a indiqué que les mille premiers jours de vie concernent la période qui part du début de la grossesse à la deuxième année de vie. Elle représente une « fenêtre d’opportunité » qui peut changer radicalement le sort de millions d’enfants a priori condamnés.

Selon Dr Biéni, les résultats démontrent que les premiers moments de la vie offrent une chance unique de développer le cerveau des jeunes enfants. « A cette période de la conception jusqu’à l’âge de deux ans, la vitesse de développement du cerveau est unique et extraordinaire et le cerveau va former des connexions neurales d’environ un million par seconde avec une rapidité qui ne sera plus égalée durant le reste de la vie », a confié l’experte.

Ella a souligné toutefois que la qualité de ce développement cérébral déprendra de celle du développement cognitif émotionnel et sociale de l’enfant. « Et cela influence de façon significative, la capacité d’apprentissage de l’enfant pour une amélioration du capital humain », a-t-elle précisé.

Trois éléments à savoir la nutrition, la protection et la stimulation qui est faite à l’enfant, réunis dans un concept appelé « les soins attentifs » permettent à l’enfant de grandir et de s’épanouir dans un environnement sain pour éviter toutes sortes de traumatisme et d’effets négatifs ou « stress toxiques ».

Les maladies, la négligence, les crises sociopolitiques et leurs traumatismes ainsi que la violence directe sur l’enfant et même sur son entourage sont à l’origine de la production élevée et anormale de cortisol, a souligné Dr Biéni. Cette hormone modifie la duplication des connexions neurales du cerveau et et retarde la croissance chez l’enfant, a-t-elle poursuivi.

Environ 150 millions d’enfants à travers le monde ont un retard de croissance. Dans 71 pays, 30 % des jeunes enfants sont exposés à un mauvais apprentissage. En Côte d’Ivoire, le retard de croissance est chiffré à 21,5 %. L’émaciation est à 6 %, les anémies à 75 %. Il y a 36 % des enfants qui sont mis au sein précocement, ce qui impacte l’allaitement maternel exclusive qui est de 21,6 %.

Dr Bénié a conseillé l’alimentation optimale et équilibrée depuis la conception chez la femme enceinte, l’allaitement précoce, qui signifie la mise au sein dans l’heure l’allaitement exclusif durant les six premiers mois, sans apport d’eau ni d’autres aliments sauf en cas de prescription médicale et ensuite l’allaitement complément adapté avec l’introduction progressive d’aliments la poursuite de l’allaitement, jusqu’à deux ans.

Selon des études, 250 millions d’enfants de moins de cinq ans risquent de connaître un développement insuffisant. La plupart de ces enfants vont se retrouver dans les pays pauvres, précisent les spécialistes de la santé.
(AIP)
nam/cmas

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