Sciences

Le CSRS planche sur l’éthique de la recherche scientifique et l’intégrité du chercheur

Par le passé, les sociétés avaient recours aux philosophes en Europe et aux sages en Afrique, mais de nos jours ce sont les scientifiques qui sont sollicités

Photo : AIP

Abidjan, 04 juil (AIP) – Le Centre suisse de recherche scientifique (CSRS) a convié, mercredi, les sommités de la communauté universitaire à des réflexions sur la question de l’éthique de la recherche et de l’intégrité du chercheur dans le contexte actuel de mutations tous azimuts.

Par le passé, les sociétés avaient recours aux philosophes en Europe et aux sages en Afrique, mais de nos jours ce sont les scientifiques qui sont sollicités. Ils doivent toutefois être neutres, intègres et respecter une certaine éthique face à la concurrence, a relevé d’entrée le directeur général du CSRS, Pr Bassirou Banfoh.

A sa suite, le président de l’université Alassane Ouattara de Bouaké, Pr Lazare Poamé, a noté que désormais la compétitivité du chercheur se jauge à l’aune de l’éthique à travers le respect de certaines normes comme l’universalisation des procédures, le respect de la vie et de la bienfaisance, la justice et l’acceptation d’un regard extérieur sur son travail pour « une science avec conscience », une conscience « lucide, éclairée et éclairante ».

« Une science sans conscience morale et une conscience morale sans connaissance scientifique sont des écueils quasi rédhibitoires que doit s’efforcer de surmonter le chercheur conscient de ses nouvelles responsabilités dans la société », a-t-il affirmé.

Pour le Professeur de sociologie, Francis Akindès, face aux ravages de la société de consommation et d’accumulation, le développement durable, actuellement en vogue, passe par une gouvernance raisonnable des ressources en pensant aux générations futures, en plaçant la question de la responsabilité de tous dans chaque acte posé ou encore l’intégration de la conscience du risque que court l’humanité.

Pour lui, le chercheur doit contribuer à faire face aux risques et incertitudes en alertant, en aidant à anticiper et à résilier, en passant de leurs laboratoires à l’action pratique, en « pensant la recherche comme un produit social en réponse à un besoin », en co-construisant la recherche avec d’autres chercheurs et en communiquant mieux sur les résultats de leurs travaux.

Marcel Tanner de l’Institut suisse de santé tropicale et publique a insisté sur la nécessité pour les chercheurs de faire des « constats pertinents » qui aident les décideurs mais pas des « prescriptions ou propagandes ».

Le secteur privé est sensible aux questions d’éthique et de déontologie qui régissent les conflits d’intérêt entre les entreprises, a assuré le président du Comité paritaire public-privé, Me Hoegah Théodore.

La cérémonie marquait la fin du mandat de neuf ans du directeur sortant du CSRS, Pr Bassirou Banfoh qui passe la main, ce jeudi, à Pr Inza Koné, président de la Société africaine de Primatologie, enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, premier ivoirien à assumer cette responsabilité depuis la création du centre en 1951.

(AIP)

aaa/fmo

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