Société

La Côte d’Ivoire s’inscrit dans le peloton de tête en matière de réforme des régimes de retraite en Afrique

Abidjan, 20 juin (AIP) – Dans la grisaille des régimes de retraite qui sont pratiquement tous confrontés à des difficultés en Afrique, la Côte d’Ivoire figure parmi les pays du continent qui ont réussi la réforme en la matière, selon une étude complète élaborée par le Groupe FINACTU dont l’AIP a reçu copie lundi.

Cette étude a été publiée à l’occasion de la 107ème session de la Conférence Internationale du Travail, en marge de la 26ème session ordinaire du Conseil des ministres de la CIPRES, le « marché commun » de la prévoyance sociale en Afrique subsaharienne créé le 21 septembre 1993 à Abidjan et basé à Lomé, au Togo, fort de 17 pays membres.

Intitulée « Les régimes de retraite en Afrique, à l’épreuve du vieillissement démographique », cette étude tire les premières leçons des réformes que certains pays du continent ont initiées pour moderniser leur protection sociale. Tout en signalant les dangers de l’immobilisme, le rapport propose des pistes de solution et montre que la voie de la réforme est non seulement possible mais même plus facile qu’on ne le pense souvent.

Par exemple, au titre des taux de rendement internes (TRI) qui sont souvent décorrélés des capacités des pays, il convient de juger un régime en regardant son positionnement sur un plan combinant, en abscisse, le TRI du régime et, en ordonnée, le taux de croissance moyen du pays. « Nous pouvons toutefois remarquer un effort d’équilibre chez certains d’entre eux, notamment la CGRAE et la CNPS de Côte d’Ivoire et la CMR de Djibouti », révèle l’étude.

Si le délai de récupération donne le nombre d’années nécessaires au retraité pour récupérer ses cotisations sous forme de pensions, le taux de récupération indique le nombre de fois que les cotisations ont été récupérées sous forme de pensions. En la matière aussi, la Côte d’Ivoire se fait remarquer positivement car la CGRAE (4X) s’inscrit dans les régimes relativement raisonnables et bien paramétrés.

Sur le continent, la CNPS et la CGRAE de Côte d’Ivoire n’ont cessé de voir leur situation se dégrader à partir des années 1980, plus rapidement encore à la faveur de la crise qu’a connue le pays dès la fin des années 1990. Rapidement, les déficits sont apparus. A partir de 2005, la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS), rapidement suivie par la CGRAE (caisse des fonctionnaires), a alors initié un courageux mouvement de réforme, en confiant à FINACTU un audit actuariel complet (2006-2007) suivi d’une longue période d’étude et d’identification des mesures optimales, capables d’assurer l’avenir des régimes tout en limitant les conséquences sociales et économiques pour les assurés, actifs ou retraités.

Après plus de quatre ans de préparation, au cours desquelles FINACTU a accompagné aussi bien la CNPS que la CGRAE, une révision des principaux paramètres des régimes a été négociée puis adoptée en 2011, entrant en application dès 2012.

Pour la CNPS, cette embellie a été encore améliorée par la gestion très serrée (maîtrise des frais généraux, lutte contre la fraude, recouvrement, …), et le dynamisme de sa gestion financière. Alors que l’étude actuarielle tablait sur un excédent de FCFA 59 milliards en 2016, ce sont finalement FCFA 97 milliards qui ont été dégagés. Cette surperformance est d’autant plus remarquable qu’elle s’est faite en parallèle à des augmentations importantes de prestations.

(AIP)

cmas

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