Burundi

Un don d’ânes sème la discorde entre Paris et Bujumbura

Le Ministère de l’environnement,de l’agriculture et de l’élevage du Burundi a demandé à l’administrateur de la commune Nyarusange le retrait immédiat des ânes distribués par l’ambassadeur de France

Photo : AIP

Abidjan, 29 mai (AIP)- Au Burundi, une mini crise diplomatique bat son plein autour de 10 ânes offerts par la France à des villageois de la province de Gitega (à l’est de la capitale, Bujumbura).

En effet, des voix se sont violemment élevées contre la mise à disposition, financée par l’ambassade de France à Bujumbura, d’une dizaine d’ânes aux habitants d’un village du centre du pays. Les détracteurs rappellent que non seulement l’âne n’est pas un animal indigène du Burundi, mais que de surcroît, dans la langue française, il symbolise l’ignorance et la bêtise.

« La femme burundaise rurale n’a pas besoin de l’âne pour son émancipation, elle a au moins besoin de vaches, routes, scolarisation, et pourquoi pas de tracteurs… pour combattre la pauvreté », selon un porte-parole des activistes, Appolinaire Nishirimbere.

Invoquant des problèmes administratifs, le ministre burundais de l’Agriculture, Déo Guide Rurema, a fini par ordonner lundi, le retrait immédiat de tous les ânes et la mise en quarantaine de ces animaux, achetés en Tanzanie et mis à la disposition des habitants de ce village, dans le cadre d’un projet d’une ONG locale pour aider femmes et enfants à transporter les produits agricoles, l’eau ou le bois de chauffe.

Quatre jours auparavant, lors de l’inauguration du projet, l’ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse, s’était excusé en soutenant que « ce don qui a respecté les procédures techniques, était le simple financement d’un projet soumis par une ONG locale ».

(AIP)

tls/fmo

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