Culture

Un ordre « des spiritualités d’Afrique noire » créé en hommage à Jean Marie Adiaffi

Pr Amoa Urbain à la tombe de Jean Marie Adiaffi au sein de son musée d’art traditionnel africain de Bettié, le 11 mai 2018

Photo : AIP

Songon, 14 mai (AIP) -Un ordre des spiritualités d’Afrique noire (OSA) vient d’être créé à Bettié, dans la région de l’Indénié-Djuablin (Est), en hommage à l’homme de culture, Jean Marie Adiaffi, décédé le 15 novembre 1999, a annoncé le Pr Amoa Urbain, initiateur du festival de la route des reines et rois.

« L’ordre des spiritualités d’Afrique noire vise à promouvoir le divin de l’humain et l’humain de l’humain de la race noire et de défétichiser les bonnes pratiques et les valeurs spirituelles de l’Afrique, berceau de l’humanité par la culture de la théorie du Sankofa qui consiste à recourir au passé pour y puiser ce qui est bon et beau pour la construction d’un nouveau monde », a expliqué, vendredi, le Pr Amoa Urbain, au mausolée de Jean Marie Adiaffi au sein de son musée à Bettié.

Pour l’actuel recteur de l’université Charles Louis de Montesquieu, « si c’est par le spirituel et par les armes que l’Afrique est en passe de perdre ses repères, si c’est par la mauvaise foi que l’autre a gagné son combat. C’est donc par le spirituel, le sacré et la pratique de la théorie de l’évitement qu’il faut reconquérir, dans la dignité, l’âme de l’Afrique », soutient-il dans une note dont l’AIP a obtenu copie dimanche à Abidjan.

« Ce n’est ni un combat contre l’Afrique et les autres continents… Ce combat est plutôt un combat pour la libération de l’âme de l’Afrique, de ses richesses et de ses valeurs », fait savoir l’enseignant-chercheur, précisant que c’est un combat permanent de « Je à Je et de Je à Tu ».

L’ordre des spiritualités d’Afrique noire, selon Amoa Urbain, pourrait comporter plusieurs degrés de commandement lors de l’initiation, donnant accès à des couronnes d’élévation aux hautes spiritualités africaines royales comme pour « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».

« Puisse l’âme de l’Afrique qui transpire et respire à travers les masques, les rivières et bois sacrés, les sanctuaires des komians ou les temples du voodou et du python se mouvoir et se libérer pour une Afrique nouvelle qui ose et gagne avec l’avènement de l’ordre des spiritualités d’Afrique noire », a déclaré Amoa Urbain.

Ecrivain, scénariste, cinéaste et critique littéraire, Jean Marie Adiaffi a été un fervent défenseur des valeurs de la culture et de la spiritualité africaines, se faisant notamment le héraut des +komians+, danseurs, exorcistes et surtout intermédiaires entre le vivant et le spirituel à travers les transes leur permettant de communiquer avec le génies des eaux, de la terre et des forêts.

(AIP)

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