Centrafrique

Une vingtaine de morts lors d’un affrontement à Bangui

Photo : AIP

Abidjan, 12 avr (AIP)- Des affrontements entre des milices du quartier musulman PK5 à Bangui et une patrouille composée de Casques bleus et de soldats centrafricains ont fait, mardi, au moins 19 morts dont un Casque bleu, et une centaine de blessés, a déclaré mercredi, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, à la sortie d’une réunion avec des représentants de l’ONU et de l’Union africaine.

« Cette opération avait pour seul objectif d’appréhender les responsables des milices armées. Ce n’est pas contre une communauté ou contre la population du quartier. Ce n’est pas une question de religion, c’est une question de maintien d’ordre et de sécurité. D’aucun ont voulu créer l’amalgame en voulant transformer ceci en une situation confessionnelle. C’est faux», a martelé le président centrafricain.

Mercredi matin, des centaines d’habitants du PK5 ont marché jusqu’au QG de la MINUSCA, au centre-ville, pour y déposer les cadavres de 17 hommes. « Le président Touadéra, quand il était en campagne, nous a promis de ne pas toucher un seul cheveu d’un sujet musulman si nous votions pour lui. Nous constatons le contraire», a déploré Ryad, un des manifestants.

Depuis plusieurs mois, le quartier PK5 est le théâtre de violences meurtrières. La population commerçante du quartier avait arrêté de payer les milices armées début 2018 pour protester contre leurs violences, qui se sont poursuivies. Ces commerçants n’ont cessé de demander à la MINUSCA et au gouvernement d’intervenir pour déloger ces milices.

La majorité des musulmans de Bangui vivent enclavés dans le quartier PK5 depuis que le président Michel Djotodia qui, à la tête de la coalition musulmane de la Séléka, avait renversé le président François Bozizé par la force en 2013, et a été chassé du pouvoir en 2014 par une intervention militaire internationale.

Depuis l’élection de Touadéra en 2016, soutenue par l’ONU et la France, les groupes armés issus de l’ex-Séléka ne cessent de clamer une connivence entre le pouvoir à Bangui et les milices anti-balaka, groupes d’autodéfense se présentant comme chrétiens.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. Les groupes armés contrôlent une majeure partie du territoire, où ils combattent pour le contrôle des ressources naturelles et de l’influence. L’État n’a lui d’autorité que sur une petite partie du territoire. Cette flambée des violences est inédite dans la capitale, Bangui, avait été jusque-là relativement épargnée des combats entre l’ONU et les groupes armés.

(AIP)

tls/cmas

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