Santé

Les populations appelées à capitaliser les gros moyens alloués à la lutte contre le paludisme

Le directeur coordonateur du programme national de lutte contre le paludisme, Dr Tanoh Méa Antoine lors des échanges avec la presse

Photo : d'archives

Abidjan, 11 avr (AIP)- Le programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) appellent les populations à capitaliser les énormes ressources financières déployées par le gouvernement et ses partenaires, en utilisant notamment les moyens de prévention mis à leur disposition, particulièrement les moustiquaires imprégnées qui leurs sont gratuitement distribuées.

Lors d’échanges avec la presse, mercredi, en prélude à la célébration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme 2018, le directeur coordonnateur du PNLP, Dr Tanoh Méa Antoine, a notamment déploré le faible taux d’utilisation des moustiquaires distribuées en 2017 surtout à Abidjan (qui concentrent le 1/3 des populations), alors que la campagne a coûté quelque 32 milliards de francs CFA à l’Etat et à ses partenaires.

« La campagne antérieure, nous sommes restés à un taux d’utilisation nationale de  59% et surtout Abidjan, nous sommes à 35%.  C’est très faible. On donne la moustiquaire gratuitement à la population mais il faut qu’elle l’utilise. Il y a quelqu’un qui paie quelque part. Ce n’est pas parce qu’on donne gratuitement que ce n’est pas payant. Les bailleurs paient, l’Etat donne les moyens pour la mise à disposition », a-t-il regretté.

Dr Tanoh a rappelé à l’occasion l’objectif des gouvernants ivoiriens de parvenir à éliminer le paludisme d’ici 2030 suivant les prescriptions mondiales. Ceci explique, selon lui, les gros efforts qu’ils consentent et qui ne devraient pas être foulés au pied par les citoyens ivoiriens.

Il a souligné, par ailleurs, le fait que la prise en charge du paludisme sans complication est gratuite dans tous les hôpitaux publics et appelé les populations à la vigilance contre les personnels sanitaires qui iraient à l’encontre de cette disposition gouvernementale.

Le directeur coordonnateur du PNLP s’est toutefois félicité de ce que la Côte d’Ivoire a atteint, en matière de prévention,  la couverture universelle après la campagne de 2017  qui a pris fin en février 2018, avec notamment plus de 15 millions de moustiquaires imprégnées distribuées.

« Ces résultats sont encourageants. Nous (le programme national de lutte)  continuons de renforcer nos stratégies pour parvenir à atteindre nos objectifs », a-t-il traduit.

Selon le rapport  de l’OMS, 216 millions nouveaux cas de paludisme ont été répertoriés en 2017 pour 445 mille décès et que 90% des cas et 93% des décès ont été notifiés en Afrique subsaharienne. Quinze pays dont la Côte d’Ivoire concentrent à eux seuls 80% des cas et des décès.

Classé au 5ème rang de ces pays, la Côte d’Ivoire occupe aujourd’hui la 12ème grâce aux efforts sans cesse croissants du gouvernement et aussi l’appui des bailleurs pour l’éradication de cette maladie conformément aux objectifs mondiaux.

A en croire le directeur coordonnateur du programme national de lutte contre le paludisme, quelque 32 milliards de francs CFA (mobilisé à la fois par le gouvernement et les bailleurs) ont été consacrés à la campagne de lutte 2017. Sur la période 2018-2020, l’Etat de Côte d’Ivoire va consacrer 15 milliards de francs CFA à la lutte avec un appui de 73 milliards de francs CFA du fonds mondial.  Quelque 13 milliards de francs CFA ont été aussi mobilisés auprès de l’Initiative présidentielle américaine de lutte contre le paludisme (PMI) pour l’année 2018.

(AIP)

kg/fmo

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