Burkina Faso

Le leader de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré auditionné suite à sa plainte contre un ministre

Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) burkinabè, Zéphirin Diabré

Photo : APANEWS

APA-Ouagadougou (Burkina Faso)- Le Chef de file de l’opposition politique (CFOP) burkinabè, Zéphirin Diabré, a été auditionné mardi à la gendarmerie, suite à sa plainte contre le ministre de la Sécurité Simon Compaoré pour «détention illégale d’arme de guerre», a constaté APA, à Ouagadougou.

Après près d’une heure d’audition dans les locaux de la gendarmerie du camp Paspanga, en plein centre de Ouagadougou, M. Diabré en est ressorti sous les ovations de ses militants mobilisés pour le soutenir.

«Ainsi donc comme nous l’annoncions il y a de cela 48 heures, à l’occasion de la présentation de vœux de l’opposition, j’ai reçu une convocation de la brigade de gendarmerie de Paspanga pour venir répondre pour une affaire me concernant», a déclaré Zéphirin Diabré à la presse.

Il a ajouté qu’à la gendarmerie l’on a souhaité l’entendre suite à sa plainte déposée contre le ministre Simon Compaoré, à la suite de ce que nous avons appelé l’épisode ‘’Tranquillos’’.

Courant fin octobre dernier, le ministre d’Etat, ministre de la Sécurité, Simon Compaoré, par ailleurs, président intérimaire du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, parti au pouvoir) est apparu dans une vidéo dans le domicile d’un député de l’opposition, où il portait un gilet pare-balles et tenait en mains une arme de guerre.

«J’ai eu donc expliqué aux gendarmes les conditions dans lesquelles nous comme l’ensemble des Burkinabè avions pris connaissance de cette vidéo qui circulait et dans laquelle on voyait distinctement le ministre Simon Compaoré au domicile d’un député traitre de l’UPC, en l’occurrence le député Ladji Coulibaly», a-t-il relaté.

Et d’ajouter que «dans cette vidéo dont l’authenticité n’est plus à démontrer, le ministre Compaoré tient dans ses mains une Kalachnikov, donc une arme guerre, alors que nous le savons tous, un civile ne doit pas se promener avec une arme de guerre».

Pour Zéphirin Diabré, il s’agit d’une infraction contre la loi. «C’est la première motivation de la plainte qui été déposée », a-t-il argumenté, avant de préciser que «la deuxième raison de la plainte, est que dans les propos qu’il tient ce jour-là, Simon Compaoré fait menace à mon endroit, en citant nommément mon nom».

M. Diabré souhaite que la loi soit dite dans toute sa plénitude «parce que nul n’est au-dessus de la loi et il faut que les dispositions de la loi qui punissent le fait qu’un civile se promène avec les armes de guerre soient appliquées».

Mieux, le leader de l’opposition politique burkinabè veut que le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré prenne ses responsabilités face aux agissements de ses ministres.

«Quand on confie ces genres de fonctions à des gens qui sont d’une grande légèreté et d’une grande incompétence comme ce monsieur-là, on doit être capable d’en tirer toutes les conséquences», a argué Zéphirin Diabré.

Selon lui, l’opposition a demandé à maintes reprises que Simon Compaoré soit déchargé en tant que ministre de la sécurité «parce qu’il n’a ni les compétences, ni la stature, ni ce qu’il faut pour conduire ce ministère dans cette phase délicate dans lequel le pays se trouve à combattre les forces du mal, à savoir le terrorisme».

Zéphirin Diabré dit maintenir sa plainte et que le reste de la procédure est entre les mains des autorités compétentes, car, poursuit-il, «il va falloir qu’il (Simon Compaoré) vienne expliquer pourquoi en tant que civile, il se promène avec des armes de guerre dans la ville».

ALK/od/APA

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