Santé

Des sages femmes initiées aux techniques d’échographie en Côte d’Ivoire

La ministre de la Santé, Raymonde Goudou remettant leur diplôme à des apprenantes

Photo : AIP

Abidjan, 23 déc (AIP)- Quarante cinq sages femmes en activité et trois à la retraite mais engagées sur le projet mentorat du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, ont été initiées au techniques d’échographie de base, dans le cadre d’un programme de renforcement des capacités des personnels en charge de la question de la santé maternelle et infantile.

C’est la première fois en Côte d’Ivoire que des sages femmes sont outillées dans ce domaine traditionnellement réservé aux gynécologues, et qui par ailleurs est une spécialité des sciences médicales. Quoique les premières bénéficiaires de ce module proviennent des districts sanitaires d’Abidjan, ce volet du programme a été pensé pour les sages femmes exerçant dans des zones reculées dépourvues de spécialistes.

En perspective, les autorités sanitaires entendent doter celles qui bénéficieront de la formation, dans le futur, d’échographes portatifs, afin de pouvoir détecter précocement d’éventuelles complications chez leurs potentielles patientes.

Le gouvernement ivoirien, s’appuyant sur l’expertise d’une multinationale marocaine spécialisée dans la formation, notamment des personnels de santé de proximité, PERTIA Group, a développé un programme triennal, couvrant divers domaines de la santé reproductive, en vue d’infléchir le taux de mortalité maternelle, infantile et néonatal encore trop élevé dans le pays, avec en perspective l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) en la matière.

Là où les ODD (l’objectif 3) visent, à l’orée 2030, la barre maximum de 140 décès pour 100.000 naissances, la Côte d’Ivoire à ce jour affiche officiellement un taux de 614 décès pour le même nombre de naissances, signale-t-on.

Le programme prévu pour se dérouler sur la période 2017-2020, met un accent particulier sur le renforcement des capacités des sages femmes, notamment en matière de prise en charge des urgences obstétricales (SONU), en les initiation aux techniques d’échographie de base. La puériculture, l’hygiène en milieu de soins et le management total de la qualité sont les trois autres modules.

La première phase de ce programme déployé à Abidjan a concerné un total 435 différents personnels de santé dont 180 sages femmes en activités et 12 mentors (des sages femmes à la retraite mais rappelés pour encadrer les plus jeunes dans le cadre d’un projet dénommé mentorat) pour la formation en SONU (en plus de la quarantaine initiée à l’échographie. 60 agents de santé ont été formés pour la puériculture, 45 dont des cadres en matière de qualité et 180 en hygiène.

L’ensemble des apprenants de cette phase pilote ont reçu leur diplôme de fin de formation, vendredi, lors d’une cérémonie solennelle au centre de simulation Mohammed VI du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon, en présence de la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Raymonde Goudou Koffi.

« A vous les sages-femmes, je crois en vous. Le gouvernement fait sa part en vous formant. Il revient à vous de faire bénéficier les retombées de cette formation, afin de relever les défis», a-t-elle traduit spécialement à la corporation, épine dorsale du programme qui va parcourir les 18 régions sanitaires de l’intérieur du pays entre février 2018 et juin 2020.

« Lorsque vous allez retourner dans vos différents centres sanitaires, appropriez-vous votre salle d’accouchement, vous devez prendre en main votre lieu de travail. C’est vrai que vos responsables directs seront là, mais prenez des initiatives et n’attendez pas, montrez leur que vous avez bien appris », a conseillé en outre la ministre de la Santé.

(AIP)

kg/tm

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