Santé

Des sages-femmes à l’école marocaine des soins obstétricaux d’urgence

Abidjan, 24 nov (AIP)- Au total 180 sages-femmes, en activité dans des centres hospitaliers de premier contact, s’imprègnent de l’expertise marocaine en matière de soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU), dans le cadre d’un programme de renforcement des capacités à leur intention.

L’activité intègre les initiatives du gouvernement en vue de réduire le nombre encore trop élevé de femmes et d’enfants qui décèdent en couche en Côte d’Ivoire. Là où les Objectifs de développement durable (ODD, objectif 3) visent, à l’orée 2030, la barre maximum de 140 décès pour 100 000 naissances, le pays à ce jour affiche officiellement un taux de 614 décès pour le même nombre de naissances.

« Les indicateurs en la matière ne sont pas reluisants comme on le désire », a déploré la responsable de la direction des soins infirmiers et maternels du ministère ivoirien de la Santé, Dr Diango Nobou, justifiant l’organisation de ce programme.

A propos du choix du Royaume chérifien, elle a souligné le fait que le Maroc se pose aujourd’hui comme un modèle, au regard de ses performances en matière de lutte contre la mortalité maternelle et infantile. De quelque 332 décès pour 100 000 naissances dans les années 70, le Maroc actuellement affiche en effet un taux de 54 décès pour autant de naissances.

Les sages-femmes retenues au programme de renforcement de capacités seront formées sur six semaines, par vague de 30, au centre de simulation Mohammed VI installé au cœur du CHU de Yopougon. Placées en situation réelle, celles-ci, à tour de rôle, apprendront sur un mannequin conçu pour présenter toutes les spécificités d’une parturiente, les bons gestes d’accouchement sous le regard d’expertes marocaines.

Il s’agit d’affiner les compétences de ces praticiennes qui officient pour des hôpitaux de premier contact et en faire des acteurs valables de la réduction de la mortalité maternelle et infantile, a expliqué le médecin marocain, spécialiste en gestion des hôpitaux et ancien directeur du CHU de Marrakech, Dr Belkadi Mohamed Said.

« On aide les sages-femmes à faire des prises en charge active. Comme ça, on détecte les complications à temps, l’objectif étant d’éliminer l’évitable. On élimine l’évitable lorsque la sage-femme du niveau 1 va prendre en charge, va faire la mise en condition et va transférer, va accompagner la patiente jusqu’au niveau 2. Les gens du niveau 2 sont avisés et seront ainsi près à accueillir la complication et ainsi éviter la mort de la mère et/où de l’enfant », a expliqué l’une des sages-femmes formatrices marocaines, Hajer Ouahid.

Un autre volet du programme porte sur l’initiation d’une vingtaine de sages-femmes jouissant d’une certaine expérience à la technique d’échographie. La formation traditionnellement est réservée au gynécologue uniquement.

Le programme, outre les sages-femmes, porte sur plusieurs domaines médicaux notamment la nutrition (de la femme enceinte, de la mère et de l’enfant), l’hygiène en milieu hospitalier et concerne 423 personnels de santé dont des infirmiers.

(AIP)

kg/cmas

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