Santé

Le Rapport mondial 2017 sur la nutrition appelle à placer la nutrition au cœur des efforts pour éradiquer la pauvreté

Prof Jessica Fanzo présente le Rapport mondial sur la nutrition 2017

Photo : AIP

Abidjan, 08 nov – Présenté mardi à Abidjan, à la cérémonie d’ouverture du Rassemblement mondial du Mouvement Scale Up Nutrition (SUN), le Rapport mondial 2017 sur la nutrition appelle à placer la nutrition au cœur des efforts pour éradiquer la pauvreté, lutter contre la maladie, améliorer les normes éducatives, réduire les inégalités et lutter contre le changement climatique.

Selon Prof Jessica Fanzo, coprésidente du groupe d’experts indépendants du rapport mondial sur la nutrition, ce document a été lancé le 04 novembre à Milan, en Italie, à l’occasion du Sommet mondial sur la nutrition organisé en marge de la réunion du G7.

« Le monde ne peut pas se permettre de ne pas agir sur la nutrition, sous peine de freiner le développement humain dans son ensemble. (…) Nous n’atteindrons aucun des objectifs mondiaux pour le développement durable (ODD) d’ici à 2030 sans un changement radical dans notre réponse à la malnutrition sous toutes ses formes », a-t-elle ajouté.

Le Rapport 2017 sur la nutrition dans le monde établit l’existence d’un besoin crucial pour de meilleures données sur la nutrition – de nombreux pays ne disposent pas de suffisamment de données pour un suivi adéquat des objectifs de nutrition qu’ils se sont fixés et pour identifier les laissés-pour-compte. Il démontre qu’une réponse urgente et intégrée sera nécessaire pour que la planète atteigne les objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

Par ailleurs, les chiffres montrent clairement que les économies africaines perdent entre 1,9 et 16,5 % de leur PIB chaque année en raison de l’augmentation de la mortalité, de l’absentéisme, des maladies chroniques (et de leurs coûts), et de la perte de productivité associée. Les enfants africains restent profondément affectés par la malnutrition. Au moins 10 millions d’enfants d’Afrique sont aujourd’hui considérés comme souffrant de surpoids.

Quelque 59 millions d’enfants d’Afrique souffrent de retard de croissance, c’est-à-dire qu’ils sont trop petits pour leur âge en raison d’un manque de nutriments et subissent des dommages irréversibles de leurs capacités cérébrales. L’Afrique est la seule région où le nombre absolu est en augmentation, en raison de sa forte croissance démographique. En outre, 14 millions d’enfants d’Afrique sont considérés comme souffrant d’émaciation, ce qui signifie que leur poids n’est pas suffisant pour leur taille.

« Le Rapport mondial sur la nutrition démontre que nous ne pouvons pas traiter les différents problèmes nutritionnels comme des aspects distincts, qu’ils sont intimement liés et qu’ils peuvent être imputés aux inégalités partout dans le monde. Il est crucial d’abandonner cette approche cloisonnée qui entrave les progrès, tout en reconnaissant le rôle de tous les autres secteurs du développement qui sont susceptibles d’impulser le changement », explique Anthony Lake, directeur exécutif de l’UNICEF, également président du Groupe principal du mouvement SUN.

Le Rassemblement mondial du Mouvement SUN se déroule de mardi à jeudi à Abidjan. Il réunit un millier de leaders mondiaux dont les points focaux des 60 pays SUN, pour débattre de la lutte contre la malnutrition.

cmas/ AIP

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