Economie

Pleine effervescence du marché de la bière dans le pays (Enquête express)

La guerre de la bière déclarée en Côte d’Ivoire.

Photo : DR

Abidjan, 06 nov – Depuis l’arrivée du groupe hollandais Heineken en avril 2016, le monopole dont disposait la Société de limonaderies et brasseries d’Afrique (Solibra) appartenant au groupe français Castel est mis à rude épreuve car désormais, les deux brasseries sont engagées dans une concurrence féroce, que certains observateurs appellent  «la guerre des bières».

La qualité et la recherche de l’innovation

A présent sur le marché, Solibra s’est lancée dans l’innovation à travers une nouvelle étiquette pour sa marque Bock.

«C’est très beau à voir. Le nouveau design attire la clientèle. Depuis le changement de l’emballage, je vends plus de bières 66 et grosses bières. Je peux même dire que la demande a doublé ces derniers jours», a commenté Bah Evelyne, une tenancière à Marcory. Nombreux sont les consommateurs qui apprécient les nouvelles bières.

En plus des étiquettes, la brasserie est en train d’innover avec des capsules faciles à ouvrir. L’ouverture des bouteilles se fait désormais avec la main.

«Il suffit de tirer le bouchon (capsule) avec la main pour ouvrir la bière. C’est formidable», s’est exprimé Wenceslas Konan, consommateur de bière.

Un commercial de la Solibra a également révélé que des surprises attendent les consommateurs dans les jours à venir.

Du côté de Brassivoire, selon son Directeur général, Alexander Koch, un travail est en cours pour satisfaire les consommateurs dès début 2018. Il a annoncé l’arrivée de nouvelles bières de sa brasserie sur le marché ainsi qu’une innovation de ses produits.

La concurrence est rude…

«Lorsque nous disons la guerre des bières, nous parlons d’une véritable concurrence où chaque brasseur veut prendre le dessus »,  analyse Ehoussou Norbert, opérateur économique. Cette concurrence entre les deux brasseries fait l’affaire des nombreux adeptes de Bacchus qui disposent désormais d’une variété de choix.

Sur le marché, malgré la bataille pour le partage des parts de la bière à Abidjan, Solibra tient toujours le coup. L’entreprise se positionne nettement mieux grâce à sa stratégie commerciale et marketing. Avec sa bière, la ‘’Beaufort Lager’’, la brasserie a marqué son territoire, ces dernières semaines. «La Beaufort Lager tient la route à la bière ivoirienne. Dans mon maquis, c’est la boisson la plus vendue», a déclaré Honorine Konan, gérante d’une buvette à Port-Bouët.

Pour plusieurs consommateurs, cette boisson est très raffinée et elle répond aux attentes réelles des consommateurs. «Lorsque Solibra a mis l’accent sur la Beaufort, j’ai senti que les demandes de la boisson ‘’Ivoire’’ ont beaucoup diminuée », a révélé Mme Coulibaly Catherine. Dans les bars également, Solibra a pris le dessus. En ces lieux, ne sont vendues que les bières de 33 cl. ‘’Ivoire’’ qui a un format plus grand n’est donc pas la bienvenue.

En plus depuis l’arrivée de Brassivoire, les revendeurs ont été mis en avant pour jouer leur partition. «Nous leur proposons plus de promotions, en contrepartie desquelles nous exigeons que nos produits soient mieux mis en valeur », explique un commercial de Solibra en tournée à Abidjan.

Guerre de la bière : guerre des prix, guerre de communication …

Depuis quelques semaines, Solibra a lancé une campagne de baisse des prix. Le coût de la bière 66 est ramené de 600 FCFA  à 500 FCFA  et la Bock de 850 FCFA à 700 FCFA.

En plus d’être la bière la plus économique du marché, la Bock « nationale » fait peau neuve avec une nouvelle étiquette. SOLIBRA met tout en œuvre pour que la bière nationale soit encore plus belle.

La Bock veut garder son authenticité, le vrai goût de la bière reconnue partout en Côte d’Ivoire en ville comme en zone rurale. C’est la bière qui est fidèle à elle-même et aux ivoiriens. Elle garde son même goût depuis des années.

Brassivoire n’a pas fait de réduction de prix mais le brasseur insiste sur le respect du prix  qui est de 500 FCFA. «On ne peut pas obliger les revendeurs à appliquer un prix unique », a  souligné le directeur commercial de Brassivoire, Ben Afrifa.

« On a constaté des promotions sur les lieux de vente, où la bière est à 450FCFA et parfois 5 à 2000F », Brassivoire se défend sur le terrain face à la politique marketing de Solibra, explique-t-on.

Pour convaincre les consommateurs, une véritable guerre des affiches est livrée

Il est difficile de faire un kilomètre sur nos artères sans que le regard ne soit attiré par un panneau publicitaire à la gloire de la bière la plus fraîche, la plus raffinée, la plus stylée, sans laquelle aucun rendez-vous entre amis, aucune fête ne peut réussir. En plus de ces affiches sur les  artères des villes qui interpellent sur la qualité de la boisson, des enseignes personnalisées sont offertes gracieusement par les brasseries également pour raviver la flamme de la rivalité « Chez Tantie Mimi », « Chez Sam ».

Les méthodes employées pour convaincre sont parfois plus expéditives. Sur les affiches et les énormes panneaux d’affichage, les publicités concurrentes, souvent côte à côte, font l’objet d’une attention particulière.  L’ampleur de ces pressions et des mesures de rétorsion demeure difficile à évaluer.

En un peu plus d’un an, depuis son installation en Côte d’Ivoire, Brassivoire dit avoir réussi à conquérir  un tiers du marché et elle se prépare à  étendre plus sa part de marché.

Solibra, présente depuis plusieurs décennies sur le marché, bénéficie d’un puissant réseau de distribution, à l’intérieur du pays, un atout majeur. Pour cette fin d’année, Solibra annonce une grande festivité, la traditionnelle « fête de la bière » sur tout le territoire ivoirien.

Le marché en Côte d’Ivoire est lucratif. Près de 30 millions de litres de bière sont consommés chaque année.

bsp/fmo/ AIP

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