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« La liste noire » plonge l’ONU dans une crise avec la coalition arabe

L’Organisation des Nations Unies (ONU) est entrée en crise avec la coalition pour le soutien de la légitimité au Yémen

Photo : APA

APA-New York (USA) – L’Organisation des Nations Unies (ONU) est entrée en crise avec la coalition pour le soutien de la légitimité au Yémen après l’avoir incluse dans sa liste noire.Selon un rapport publié récemment, l’ONU a précisé que les actions de la coalition ont provoqué lors d’attaques d’écoles ou d’hôpitaux 683 victimes enfants, des accusations que la coalition a rejetées en bloc les qualifiant « d’inexactes et de trompeuses ».

Il semble que la relation entre la coalition et le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ne sera pas au beau fixe durant les quatre prochaines années de son mandat. En effet, le dernier rapport vient confirmer les soupçons de la coalition arabe et le gouvernement légitime portées sur l’Organisation onusienne et son Secrétaire général et en particulier sur le rôle de « spectateur » qu’elle a choisie dans la crise au Yémen.

Certes, de grands espoirs ont été placés sur la nouvelle direction de l’ONU, mais la réalité sur le terrain en est autre. La nonchalance de l’ONU n’a cessé de s’accroitre dans la mesure où elle est devenue otage de faux rapports, le fait d’inscrire la coalition arabe sur la liste noire étant l’exemple le plus éloquent.

Les pays formant la coalition arabe au Yémen ne voient pas d’un œil de satisfaction le rôle de Guterres et ne cachent pas son inquiétude quant à la performance et à l’efficacité de l’Organisation des Nations Unies depuis que Guterres ait pris ses fonctions il y a un an pour succéder à Ban Ki-moon.

Il est largement admis dans les capitales arabes formant la coalition que António Guterres est apparu depuis la première vue de son mandat « faible et fragile », et n’a pas réussi à rétablir le prestige des Nations Unies, estimant que le SG de l’ONU a remis l’organisation internationale dans le stade de la confusion et du défaitisme en raison des échecs rencontrés dans un certain nombre de questions, en particulier la crise yéménite. Celle-ci a puisé sa force dans la Résolution onusienne n ° 2216, ayant adopté l’Initiative du Golfe et les conclusions du dialogue, en tant que références pour résoudre la crise.

Il va sans dire que de nombreuses organisations internationales relevant des Nations Unies établissent des rapports en se basant sur des sources d’information peu fiables et non-indépendantes, ce qui a créé une lacune importante dans le travail de l’ONU, l’amenant à prendre des décisions très dangereuses telles que le fait d’inscrire la coalition arabe sur la liste noire.

Il convient de noter que les doutes portés par les pays de la coalition et le gouvernement légitime du Yémen sur les Nations Unies ne datent pas d’aujourd’hui, mais à l’époque où Jamal Benomar était désigné envoyé onusien, et ont continué même lors du mandat de Ismail Ould Cheikh.

Dans ce sillage, l’Arabie saoudite a souligné que son action pour rétablir la légitimité au Yémen à travers la « Tempête de fermeté » intervient en réponse à une demande officielle du gouvernement légitime du Yémen, laquelle demande ayant recueilli le soutien onusien à la faveur de la résolution 2216.

Selon Ryad, en dépit de l’existence de toutes les preuves irréfutables de l’utilisation par les Houthis des civils comme boucliers humains et l’implication des enfants dans les combats militaires, les Nations Unies ne leurs font pas endosser toute la responsabilité sur ces dépassements, contribuant ainsi à la complexité de la situation au Yémen et poussant le bouchon plus loin en inscrivant la coalition arabe sur la liste noire.

Il est clair que la coalition arabe ne cesse de critiquer le mépris des organismes des Nations Unies pour le gouvernement légitime du Yémen, son manque d’intérêt pour les territoires légitimes et l’absence dans ses programmes de toute visite à Aden.

En revanche, ces organismes traitent de façon continue avec les Houthis, sans pour autant parler de l’absence dans leurs rapports d’une allusion sur les problématiques et dangers liés aux mines, au recrutement des enfants soldats et des postes de contrôle qui entravent l’acheminement de l’aide ainsi que son détournement.

Il en est de même pour l’utilisation des civils comme boucliers humains, le bombardement d’habitations, l’arrestation de journalistes et les violations perpétrées dans les prisons de Sanaa ou encore la présence dans les hôpitaux et les écoles, ce qui traduit l’ampleur de cette problématique et sa négligence pour des raisons difficiles à expliquer.

La coalition internationale croit que les normes suivies pour l’acheminement des aides par la Croix-Rouge et les médecins sans frontières sont plus transparentes et professionnelles que celles observées par les organismes des Nations Unies de même qu’il existe un contrôle, effectué par leurs soins, des envois pour s’assurer qu’elles atteignent les personnes dans le besoin.

Chose est sûr. La coalition arabe s’arrête sur le fait que ces organismes n’effectuent pas des visites d’inspection pour les zones assiégées et soumises à la légalité, se contentant seulement à mener des visites périodiques à Saada et aux zones choisies par les Houthis et leurs acolyte. Outre le danger découlant du non-accompagnement des responsables d’organisations internationales des convois d’aide en comptant sur les compagnies de transport qui pourraient exploiter des slogans de l’ONU pour transférer les armes dans les régions.

Dans l’ensemble, il semble que la phase actuelle au Yémen souffre d’un manque de communication entre la Coalition arabe et les organisations des Nations Unies.

Dans ce cadre, le gouvernement légitime à Aden croit que le représentant résident des Nations Unies ne communique pas et ne coordonne pas avec lui. De ce fait, le gouvernement légitime et la coalition arabe sont fermement convaincus que le représentant onusien reçoit ses informations, du fait de sa présence à Sanaa, que des seules institutions de la société civile, ce qui affecte l’opération d’évaluation de la situation outre son manque de coopération avec les institutions de la société civile dans les zones et territoires du gouvernement légitime, et partant ses sources d’information et ses conclusions sont partiales.

HA/APA

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