Café et Cacao

Les producteurs ivoiriens de cacao grincent des dents à l’annonce du prix du kilogramme de la campagne principale 2017-2018

Le prix du kilogramme de cacao a été fixé à 700 FCFA pour la campagne 2017-2017, en baisse de 400 FCFA par rapport à la campagne précédente.

Photo : DR

Abidjan, 01 octobre 2017 – 18H52 GMT [ALERTE INFO]- L’annonce du prix du kilogramme de cacao de la campagne principale 2017-2018, en baisse de 400 FCFA par rapport à la précédente, loin de satisfaire les producteurs ivoiriens, suscite un vif mécontentement chez certains.

Dimanche, le président du conseil d’administration du Conseil café-cacao (CCC), Lambert Kouassi Konan, a annoncé la fixation du prix du kilogramme de cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial, à 700 FCFA pour la campagne principale 2017-2018 contre 1.100 FCFA pour l’exercice précédent.

Ce prix minimum garanti était très attendu des producteurs, en particulier depuis l’ouverture vendredi de la 4e édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (JNCC).

Les producteurs, habitués ces dernières années à une hausse du prix bord champ qui a atteint 1.100 FCFA pour la campagne principale 2016-2017 (1er octobre – 31 mars) sont depuis durement éprouvés par la crise qui secoue le marché mondial, laquelle a occasionné une baisse à 700 FCFA, à l’ouverture de la campagne intermédiaire (1er avril – 30 septembre).

Si malgré cette baisse, leur revenu, comme souligné par le président du conseil d’administration du Conseil café-cacao, Lambert Kouassi Konan, est passé de 1.565 milliards FCFA en 2015-2016 à 2.013 milliards FCFA en 2016-2017, dans le fonds, leur situation financière n’a pas beaucoup évolué.

C’est justement cette réalité qui explique le thème de la 4e édition des JNCC : « Quelles alternatives pour améliorer les revenus des producteurs de cacao ? ».

Les producteurs de cacao perçoivent moins de 10% du prix d’achat du chocolat des consommateurs des pays industrialisés. 70% de ce prix revenant aux multinationales de « l’or brun ».

Par ailleurs, dans les faits, il est établi que bien souvent, le prix minimum garanti n’est pas respecté par les acheteurs.

Des alternatives à l’amélioration des revenus des producteurs

Les producteurs ivoiriens demeurent depuis toujours à la merci de l’instabilité des cours. Ils sont bien trop peu organisés pour pouvoir espérer faire face aux aléas des prix sur le marché international.

L’interprofession souhaitée et encouragée par l’Etat, tarde à se mettre en place. Les autorités ivoiriennes appellent de leurs vœux une interprofession qui va partir des producteurs aux transformateurs et aux exportateurs.

Cela, assurément, profitera aux producteurs qui verront leurs revenus se fortifier, mais aussi à la Côte d’Ivoire qui tire près de 40% de ses recettes d’exportation de l’économie cacaoyère, laquelle contribue à hauteur de 15% du Produit intérieur brut (PIB) du pays.

Par ailleurs dans la quête de l’amélioration de leurs revenus, les producteurs ivoiriens gagneraient à ne plus n’être que des producteurs, mais aussi des transformateurs voire des exportateurs.

La Côte d’Ivoire a beau être le leader mondial du cacao en termes de volume (40% de l’offre mondiale), mais aussi de qualité marchande avec deux millions de tonnes de cacao produits sur l’ensemble de la campagne 2016-2017, elle ne transforme actuellement qu’à peine plus de 30% de sa production.

RKO

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