Titulaire d’un Brevet de technicien supérieur en gestion commerciale, Engelo Boté, qui a choisi d’entreprendre plutôt que d’intégrer la fonction publique ou faire carrière dans le privé rêve de faire de la Côte d’Ivoire, son pays une référence internationale en matière de fabrication de chaussures de luxe.

Confortablement installé dans son atelier de Koumassi Remblais (Abidjan sud) où sont exposés une cinquantaine de chaussures en cuir de diverses couleurs, Engelo, écharpe noué au cou sire avec attention l’une deux des paires estimé à plus de 120.000 FCFA qu’il doit livrer à un client. Une activité qu’il exerce depuis cinq ans « après avoir multiplié plusieurs petits boulots, (gérant de cabine téléphonique, campagne pour les entreprises de téléphonie).

Dans un climat où l’insertion des diplômés semble plus difficile où l’accès au marché du travail demeure compliqué, le jeune homme, vêtu d’un polo rouge bordeaux parvient à trouver du boulot dans une entreprise/société de vente de produits cosmétiques où il exerce deux ans avant de décider de tout arrêter sans toutefois trouver un nouveau de chute.

« J’ai craqué, je me suis dit ça suffit » confesse Engelo, 36 ans (originaire du centre-ouest) qui a connu par la suite des difficultés financières. Confronté au manque d’argent, il est expulsé de la maison qu’il louait. « C’est pendant cette période que tout est parti ».

Dans sa traversée de désert un ami lui « présente deux ballerines venues des Etats-Unis » qu’il met sur son profil facebook et réussit à vendre. Après avoir écoulé ses premières marchandises, il essaie à nouveau et l’expérience semble payante. « Depuis que je travaille je n’ai jamais gagné autant d’argent », déclare casquette visée à la tête selon qui « c’est au hasard d’une rencontre que resurgit quelque chose que Dieu aurait voulu pour lui.

Le jeune diplômé décide alors de faire de la cordonnerie son métier malgré le regard des autres qu’il considère comme « victime du système ».  Il apprend les rudiments « en toute humilité » auprès deux devanciers, un ghanéen et un ivoirien avant de voler des ses propres ailes.

« Le regard des autres n’a jamais été un souci pour moi », affirme  regrettant de « n’avoir pas commencé tôt ».

« Ce n’est pas parce qu’il y a de l’argent qu’on s’y est mis, c’est parce qu’on a épousé, aimé la chose qu’on a accepté d’y investir « , dit Engelo précisant n’avoir « même pas encore recouvré le 1/5e de son investissement ».

Avec « l’aide précieuse de son épouse, sceptique au départ », il parvient à ouvrir son atelier en débutant par la fabrication de sandales qu’il parvient à écouler à 25.000 FCFA  en Côte d’Ivoire mais aussi à l’extérieur (Bénin, Italie, Etats-Unis…).

« Aujourd’hui, je ne regrette rien. Je m’étais promis de ne plus travailler pour quelqu’un à 33 ans parce que j’avais en moi le désir ardent de bosser pour moi », ce qu’il a réussi à faire un peu plus tôt,

Au vu des premiers résultats, l’homme qui se décrit comme « un gourmand » décide d’étendre son business à la fabrication de souliers, taudes, remontantes, mocassins, boutines… avec pour objectif l’internationalisation de sa marque « By Engelo ».

« Mon ambition c’est de conquérir le monde dans un court terme. Il faut qu’on commence à parler de la Côte d’Ivoire de la Côte d’Ivoire comme une référence en matière de chaussure de luxe » projette Engelo casquette visée sur la tête souhaitant également « importer du matériel et faire tout le travail à la chaine de l’achat des matières premières au service après vente » sollicite  d’investisseurs pour y arriver.

En plus de la conquête du monde, le jeune envisage de « développer une niche pour un partage d’expérience histoire de motiver à l’entrepreneuriat, c’est plus important »

Ce père de bientôt trois enfants qui a  connu « une enfance difficile », invite les jeunes à ne pas baisser les bras » quelque soit les difficultés auxquelles ils sont confrontés, les parents à « motiver » leurs progénitures et aux jeunes entrepreneurs comme il demande d’élargir leurs « visions » tout en étant « rigoureux. »

« Il fait un bon boulot et il a beaucoup à apprendre » témoigne son assistante Bénédicte Nomi assurant que les employés seront à ses côtés pour l’aider à « atteindre le sommet ».

En tant que patron, « il aime la perfection son soucis de la perfection le pousse à regarder droit devant sans se soucier des états d’âme et de ce qui va arriver », une qualité à la fois un défaut, ajoute Bénédicte.

Pour Engelo fervent croyant qui a reçu une « éducation rigoureuse » de ses parents, la plus grande difficulté  demeure la satisfaction et la confiance des clients. Des raisons pour lesquelles, il travaille d’arrache pieds pour faire de ses chaussures dont le coût minimum est fixé à 80.000 FCFA « un style de vie ».

ABL/ ALERTE INFO