A la retraite depuis 2007 après « une riche carrière » de 35 ans à la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI, chaîne publique), la voix « imposante » de Victor Nadjé continue de servir pour des spots publicitaires.

Retenu pour cause de maladie dans sa maison à la cité Syninfo de la Riviera (Est Abidjan), fruit d’une lutte syndicale des agents des organes des secteurs publics et parapublics de l’information à laquelle il a participé, M. Nadjé continue, à 70 ans, de recevoir des sollicitations.

« Je pars faire des spots partout, des gens me confient des commentaires à écrire », explique-t-il avec un sourire.

« Journaliste avant d’être une voix »

Sa carrière journalistique a débuté en 1970, après « un concours au studio-école de la RTI ».

« Ce sont les professionnels » de la radio à l’époque qui ont découvert le timbre de sa voix, restée intacte depuis toutes ces années.

Stagiaire de 1970 à 1972 à Radio Côte d’Ivoire (publique), il a été « détaché du lot » pour présenter le journal parce qu' »il avait le ton qu’il faut pour présenter le journal », témoigne Ibrahim Koné, son ancien patron.

« Dans ma petite carrière je n’ai pas été la superstar mais tout le monde était d’accord sur la qualité de mon travail », affirme Victor Nadjé, étendu dans l’un des fauteuils de son salon, le long de son 1,75 m.

Grâce à « la reconnaissance de (ses) chefs », M. Nadjé, teint noir,  a « eu la chance d’aller plusieurs fois en stage notamment en France et Allemagne où il a passé 14 mois, de 1976 à 1977.

A la faveur d’un stage à l’Institut nationale audiovisuelle (INA) à Paris, après 10 ans au journal de la radio, « j’ai opté pour la production ».

« J’avais pour lui un respect profond, parce qu’il aimait son travail, c’est avec regret que je l’ai laissé partir parce que la télévision avait besoin d’une voix », se remémore M. Koné.

Akaffou Bertin, l’un des ex-responsables de la production de la RTI, ne tarit pas d’éloges pour lui.

« Il est honnête avec lui-même, professionnel et ami à tout le monde », relève cet autre ancien collaborateur.

« Ma voix, un don de Dieu »

Revenu dans les années 1983 à la télévision, après une « courte période », de 1973 à 1975, où il présentait « les dernières nouvelles », l’ultime édition du journal avant la fin des programmes, il est détaché à la régie, où il pose sa voix sur un spot relatif à la sortie d’un album de la star ivoirienne de reggae Alpha Blondy, « Apartheid is Nazism », en 1985.

« Les gens ont aimé et depuis lors, on m’appelle pour faire des spots », s’exprime-t-il entre deux coups de fil ou des visites pour s’enquérir de son état de santé.

Pourtant les spots, il en « faisait » lorsqu’il était à la radio. De la radio à la télévision, sa voix a servi à la publicité et à des commentaires pour des partis politiques.

Originaire de Gagnoa (Centre-ouest), Victor Nadjé, a neuf enfants dont trois sont décédés et 16 petits-enfants.

Depuis qu’il a pris officiellement sa retraite, il collabore régulièrement avec le producteur ivoirien de PAD John Chahin Sombo, initiateur de l’émission « Star Tonnerre ». Parallèlement à cette activité, Victor Nadjé a également signé un contrat avec la direction générale des impôts pour poser sa voix dans une émission sur la fiscalité.

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