Zimbabwe

Grace Mugabe, talon d’Achille de son époux ?

Grace Mugabe, Première Dame du Zimbabwe,

photo : DR

APA – Harare (Zimbabwe) – La Première Dame du Zimbabwe, Grace Mugabe a fait dernièrement la Une des journaux, et en mal, plaçant de nouveau son mari et la ZANU-PF, le parti au pouvoir sous les feux des projecteurs.

Depuis qu’elle est entrée en politique, il y a environ trois ans, la Première Dame de 52 ans a froissé de nombreuses sensibilités au sein de son propre parti, dans le gouvernement et, dernièrement, en dehors des frontières du Zimbabwe.

En plus de causer des problèmes au plan interne, Grace Mugabe aurait agressé le mannequin sud-africain Gabriella Engels la semaine dernière et l’aurait sévèrement blessée après l’avoir trouvée en compagnie d’un de ses deux fils dans un hôtel à Johannesburg.

L’attaque contre Engels a provoqué des tensions entre Harare et Pretoria après que la Première Dame a refusé de se livrer à la police pour répondre aux accusations d’agression.

Grace Mugabe a été autorisée à quitter l’Afrique du Sud avec son mari dimanche, après avoir obtenu l’immunité diplomatique, dans un contexte que le ministre sud-africain des Relations internationales, Maite Nkoana-Mashabane a décrit comme « un exercice très douloureux ».

Au registre de ses faits d’armes, l’on retient encore la campagne de dénigrement qu’elle a  menée à la fin de l’année 2014, contre la vice-présidente d’alors, Joice Mujuru, l’accusant d’avoir comploté pour assassiner le président Robert Mugabe.

Menée au vitriol, sa marque de fabrique, la campagne d’intox a finalement éjecté Mujuru de la course pour la relève de Mugabe en tant que leader de la ZANU-PF et du Zimbabwe, laissant la voie libre à son rival, Emmerson Mnangagwa, alors Ministre de la justice.

Mnangagwa a remplacé Mujuru en tant que vice-président après que le premier a été limogé du gouvernement à la fin de 2014.

Quelques années plus tard, la Première Dame a retourné son fusil contre son ancien allié qu’elle accuse maintenant d’avoir comploté pour renverser Mugabe.

L’analyste politique Donald Porusingazi a déclaré que Grace Mugabe était une femme en mission et ne reposerait que lorsqu’elle aura balisé son chemin vers la présidence, quoique cela puisse coûter au parti au pouvoir et au pays.

« Elle se voit succéder à son mari, à la fois en tant que chef de la ZANU-PF et dirigeante du Zimbabwe, et utilise son pouvoir actuel comme Première Dame pour tenter d’éliminer tous les obstacles possibles qui pourrait se dresser sur son chemin », a confié à APA Porusingazi.

Il a prévenu : « L’inconvénient malheureux est qu’elle a, intentionnellement ou non- fortement divisé le parti, avec des conséquences désastreuses ».

Les luttes internes se sont accentuées au sein de la ZANU-PF au cours des trois dernières années, avec d’un côté, les fidèles à la Première Dame et de l’autre les inconditionnels de Mnangagwa.

Contrairement a un passé récent où les intrigues politiques se menaient en coulisses, les luttes intestines sont maintenant ouvertes, comme en témoignent, le spectacle ubuesque offert lors de l’enterrement de l’héroïne nationale Shuvai Mahofa à Harare le 20 août, lorsque des gens soupçonnés être des partisans de Mnangagwa ont perturbé l’allocution du deuxième vice-président Phelekezela Mphoko qui serait un membre du camp de Grace Mugabe.

Les adversaires de Mugabe prennent comme du pain béni les problèmes actuels qui assaillent la Première Famille et le parti au pouvoir.

Le porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Obert Gutu a déclaré que Grace Mugabe « est célèbre pour son tempérament explosif et décontracté, en particulier dans ses rapports avec des personnes qu’elle considère comme impuissantes et sous son autorité ».

« Plus de deux fois, Grace Mugabe s’est conduite comme un éléphant dans un magasin de porcelaine », a déclaré Gutu.

Le leader du MDC, Morgan Tsvangirai devrait être le principal challenger du président Mugabe lors des élections prévues l’année prochaine.

JN/fss/of/APA

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