Afrique

Le Maroc se retire du sommet de la Ticad au Mozambique, sous fond d’empoignade

Le ministre marocains des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a été empêché d’accéder à la salle de réunion de la TICAD le 24 août 2017 à Maputo

photo : AIP

Abidjan, 25 août – Le Maroc a tenté jeudi, sur fond de bousculade, de s’opposer à la présence d’une délégation officielle sahraouie, lors de la réunion ministérielle de la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad), parrainé par le Japon.

La délégation marocaine, présidée par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a été empêchée d’accéder à la salle de réunion après avoir protesté contre la présence de représentants de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), invités par le Mozambique, pays hôte.

« Nous avons demandé leur retrait de cette réunion placée sous l’égide de l’ONU qui ne reconnaît pas la RASD. Le Japon était du même avis et a refusé leur présence. Mais la partie mozambicaine a voulu les faire rentrer de force en nous empêchant d’accéder à la salle », raconte un membre de la délégation marocaine.

S’en est suivie une grande bousculade, avec des cris et des protestations devant la salle de réunion. Des vigiles mozambicains ont empêché le ministre Bourita et certains de ses collaborateurs de rentrer alors qu’ils avaient tous leurs accréditations.

Finalement, les Marocains ont pu rentrer et rejoindre leurs sièges. Voyant qu’ils n’entendaient pas accepter la présence du Polisario, le ministre des Affaires étrangères du Mozambique, Oldemiro Balói a introduit les représentants sahraouis dans sa propre délégation et leur a offert des sièges réservés au Mozambique. Ces derniers étaient donc bien présents, mais sans étiquette officielle.

Depuis le retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA), ce pays est dans une démarche très offensive pour délégitimer le Polisario sur la scène internationale. Le 18 août 2016, il a dénoncé l’agression physique de l’un de ses diplomates par un responsable algérien lors d’une réunion d’un comité onusien dans les Caraïbes, sans oublier le sommet arabo-africain à Malabo, en novembre dernier.

tls/akn/fmo/ AIP

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