Dimbokro

Tabaski 2017: le mouton hors de portée à Dimbokro

les moutons sont jugés trop chers à Dimbokro à quelque une semaine de la fête de la Tabaski

Photo : AIP

Dimbokro, 24 août– A quelque une semaine de la fête de la Tabaski ou Aid al Adha, les musulmans de Dimbokro ont du mal à se procurer un mouton de sacrifice pour satisfaire à l’acte d’Abraham en raison du marché qui donne lieu à toutes sortes de spéculation, flambant les prix qui sont hors de portée de la plupart des bourses des acquéreurs, a constaté l’AIP, mercredi lors d’une randonnée dans les différents lieux de vente de bétail à Dimbokro.

L’Aïd al-Adha (fête du sacrifice) ou l’Aïd el-Kebir (la grande fête) par opposition avec l’Aïd el Fitr, (petite fête) est la fête la plus importante de l’islam. Appelée Tabaski en Afrique de l’Ouest, elle a lieu le 10 du dernier mois du calendrier musulman, après waqfat Arafa, ou station sur le mont Arafat et marque chaque année la fin du Hadj, rappelle-t-on.

De la gare SITARAIL jusqu’au centre culturel de Dioulakro en passant par l’EPP Dioulakro, le constat reste le même, les moutons sont jugés « chers » à Dimbokro. Et tout le monde est à la recherche d’un ou plusieurs moutons à sacrifier.

Salif Kousbé, un homme d’environ 60 ans, marchant à l’aide d’une béquille suivi de ses quatre petits fils est venu, ce matin, pour s’acheter un mouton. Mais n’ayant rien eu à son goût et à la hauteur de sa bourse, il quitte le stade de l’EPP Dioulakro rouspétant. « On ne peut même pas acheter un mouton, cette année. Il n’y a pas d’argent et les gens-là (vendeurs de bétail) sont très chers. A cette allure, on risque de ne pas immoler de mouton. Vraiment ils exagèrent », s’est-il plaint. Il a raconté avoir fait le tour de tous les vendeurs sans trouver un animal à sa portée car ne disposant que de 70 mille FCFA.

« Cette année le mouton est cher. Chez moi les prix varient entre 120 et 150 000 FCFA », a déclaré Belem Issiaka, suivant un troupeau d’une trentaine de moutons. L’homme affirme que la vente de bétail dans lequel il s’est ‘reconverti il y a sept ans, nourrit son homme en dépit des difficultés qui y sont liées notamment faire face aux maladies, la nourriture et bien d’autres choses.

Il a expliqué qu’il se procure les animaux en Côte d’Ivoire. « Je vais chercher mes moutons à Bouaké, Yamoussoukro ou à Abidjan. Cette année ça coûte cher. Regarde ce petit mouton, je l’ai acheté à 100 000 FCFA, Alors je suis obligé de le vendre à 120 ou 130 000 FCFA car le transport avec un véhicule kia par exemple de Yamoussoukro à Dimbokro me revient à au moins 60 000 FCFA « , a justifié M. Touré, reconnaissant le coût élevé des animaux en cette veille de la tabaski.

Pour Djiré Ali qui promène ces bêtes le long des rails près de la gare SITARAIL, cette flambée des prix trouve son origine depuis les pays limitrophes. « Moi j’ai passé la nuit dans le train en provenance du Burkina. Je suis monté à Bouaké. J’ai négocié mais rien n’y fit. Je n’ai pas pu acheter beaucoup d’animaux parce que ceux qui viennent avec les animaux sont trop chers. Je suis donc obligé de vendre cher pour avoir une marge bénéficiaire », a-t-il dit.

En attendant que les prix connaissent, peut-être, une chute, la préoccupation des Dimbokrofouët (habitants de Dimbokro) est de trouver un mouton avant le jour de la Tabaski, qui se tiendra probablement le 1er septembre en Côte d’Ivoire.
ik/akn/fmo/ AIP

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